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    L'exorcisme et ses interprétations

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    Giromu
    Captain America

    Messages : 2616
    Date d'inscription : 10/07/2011

    L'exorcisme et ses interprétations

    Message par Giromu le Ven 11 Nov - 22:26





    Je viens (enfin) de voir l'exorciste (1973) et il est vrai que le film reste impressionnant après tout ce temps.
    Il présente une actrice et son enfant confrontées à l'incarnation du démon Pazuzu dans le corps de la petite. Areligieuse, la mère fera tout de même en désespoir de cause appel à un prêtre catholique, car la médecine est impuissante.

    On note que les 3 religions du Livre croient au diable, y compris maintenant, et que des exorcismes continuent à être pratiqués (il semble que les Juifs n'en pratiquent pas, car le satan est juste un principe qui doit séduire les Hommes pour les éprouver et est cautionné par Dieu). Il y'a même une recrudescence d'exorcismes ces dernières années dans le culte catholique, même si l'Eglise continue à orienter les prétendus possédés d'abord vers des psychiatres.

    Il est intéressant de savoir qu'on trouve des pratiques d'exorcisme dans toutes les cultures. Il serait intéressant de trouver des sources pour les exorcismes hindous ou shinto (pas mal de mangas et d'anime placent de belles mikos en position d'exorcistes face à des fantômes et/ou démons).

    Difficile de trouver de bonnes infos sur le sujet sans aller sur des sites très douteux, la question intéressant plus les mystiques que les scientifiques. Ceci dit, Wikipedia est une base interessante:

    Dans le catholicisme


    À l’origine du comportement de l’Église, il y a l’exemple et le commandement du Christ : « Guérissez les malades et chassez les démons ».

    L'exorcisme vise à expulser les démons ou à libérer de l’emprise démoniaque et cela par l’autorité spirituelle que Jésus a confié à son Église. L'entité la plus connue censée provoquer la possession est la force que les chrétiens nomment Satan ou le Diable.

    Selon l'Église catholique romaine, quand l’Église demande publiquement et avec autorité, au nom de Jésus-Christ,
    qu’une personne ou un objet soit protégé contre l’emprise du Mal et
    soustrait à son empire, on parle d’exorcisme public. Sous une forme
    simple, l’exorcisme est pratiqué lors de la célébration du baptême. L'exorcisme canonique solennel, appelé « grand exorcisme », ne peut être pratiqué que par un prêtre exorciste et avec la permission de l’évêque
    (Don Amorth, exorciste de Rome). Canoniquement, c'est l'évêque qui,
    comme successeur des apôtres, reçoit de l'Église l'autorité de pratiquer
    des exorcismes. Le plus souvent, ils délèguent cette autorité à des
    prêtres subalternes: ce sont les exorcistes. Le Pape Jean-Paul II,ancien évêque de Rome, a pu effectuer trois exorcismes pendant son pontificat (Source: Wikipedia, art. Jean-Paul II).

    D'autres catholiques comme le père Ovila Melançon dans Exorcismes et Pouvoirs des Laïcs
    affirment vouloir « dissiper la confusion, presque généralisée dans
    l'Église, concernant les personnes ayant le pouvoir de pratiquer des
    exorcismes... L’exorcisme privé peut être pratiqué par tout prêtre et
    même par tout fidèle, sans aucune autorisation de l’évêque. Il s’agit là
    de la doctrine commune enseignée par les théologiens qui ont étudié
    cette question, même parmi les plus célèbres d’entre eux... » Il se
    distingue alors de l'exorcisme solennel que seul un exorciste nommé par
    l'évêque peut effectuer.

    L'exorcisme privé pourrait être accompli par « les fidèles en état de
    grâce ». Cette déclaration confirme le fait que l'exorcisme passe par
    des prières particulières mais aussi et surtout par la foi, la
    miséricorde (vis-à-vis du possédé) et l'amour que mettent les prêtres
    lorsqu'ils les récitent. Ce sont ces éléments qui assurent que le démon
    sera chassé à tout jamais et non pas seulement pendant la lecture des
    prières. On peut ajouter que l'exorcisme doit, dans l'esprit du prêtre,
    consister à chasser le démon mais aussi sauver le possédé et non pas
    seulement le premier but.

    La crise de possession est-elle réductible à une crise d'hystérie ?[modifier]


    Il ne faut pas céder à la tentation d'assimiler la possession et
    l'exorcisme qui s'y oppose à un facteur univoque, tel l'hystérie, la
    culpabilité, la contestation, l'injonction paradoxale ; tout ce qu'on
    peut dire est que la possession se présente comme un état dissociatif
    tel qu'il est décrit dans les psychoses schizophréniques ; mais la
    réponse à y apporter n'est jamais univoque et ne doit pas être dissociée
    du contexte culturel dans lequel elle apparaît.

    Ainsi l'histoire des possédées de Loudun
    ne peut être rapportée à une schizophrénie présentée par toutes les
    religieuses d'un même couvent ; il en est de même des cas de possession
    présentée au sein même du territoire africain à comparer aux bouffées
    délirantes présentées par des africains transplantés en Europe par
    exemple et subissant les effets pathogènes de l'acculturation.

    Mis à part sa signification théologique (ou culturelle) particulière,
    ainsi que les éventuels phénomènes parapsychologiques qui pourraient
    lui être associés, la crise de possession ne se distingue pas d'une crise d'hystérie au sens de Charcot ou des phénomènes de spasmophilie, de transe, voire des états de rebirth provoqués dans certaines thérapeutiques.

    Pour les théologiens catholiques, le diagnostic différentiel
    entre maladie mentale et possession diabolique, s'est fondé pendant un
    certain temps sur l'existence de phénomènes paranormaux. L'Église
    catholique a très nettement révisé sa position. Par exemple, dans le Praktisches Bibellexicon1 : « Étant donnée la ressemblance frappante entre la possession et les phénomènes décrits par la parapsychologie,
    aujourd'hui s'impose la plus extrême réserve. Ce qui, auparavant était
    considéré comme le signe certain de l'authenticité d'une possession ne peut plus aujourd'hui passer pour tel sans plus ample examen. »

    Pourtant, d'autres théologiens et prêtres insistent sur le caractère
    réel et profondément néfaste des influences sataniques de tous ordres
    (infestation, obsession, possession), en remarquant avec Charles
    Baudelaire que « la plus grande ruse du démon est de faire croire qu'il n'existe pas ».
    Dom Amorth s'était ainsi une fois plaint à Jean-Paul II que nombre
    d'évêques ne croyaient pas au démon, et donc ne nommaient pas les
    prêtres qu'il fallait comme exorcistes. Le Pape lui avait répondu : « Celui qui ne croit pas au démon ne croit pas à l'Évangile2. »

    Les états du possédé[modifier]


    On distingue un état de calme et un état de crise. L'état de crise se
    traduit par des contorsions, des éclats de rage, des paroles impies et blasphématoires.
    Pendant la période de calme, tout est généralement oublié et le
    comportement redevient bien adapté, voire très pieux. Mais l'image que
    l'on peut en avoir est loin d'être univoque et ne ressemble probablement
    pas à celle qu'a retenu William Friedkin dans son film de 1973. Il est plus intéressant, pour s'en faire une idée de lire les écrits de Pierre Janet : De l'angoisse à l'extase ou Les médications psychologiques.

    Les symptômes de la possession[modifier]


    Selon les théologiens, il existe des signes permettant de porter le
    diagnostic de possession. Le Rituel romain énonce trois symptômes
    essentiels parmi d'autres qui auraient une valeur analogue :
    malheureusement la traduction de ce rituel limite ces signes à trois
    alors que la version latine avance que ces signes "possunt" (peuvent
    être) entre autres ceux qui sont décrits mais cela n'est pas limitatif.


    • parler ou comprendre une langue inconnue (glossolalie) ;
    • découvrir les choses éloignées et secrètes (voyance) ;
    • faire montre d'une force inexplicable par l'habitus physique de la personne considérée (psychokinèse).

    Les gestes pieux mettent le possédé dans une rage folle et le
    conduisent à blasphémer horriblement. L'amnésie de la possession est
    fréquente, et souvent constante.

    Les marques du diable, pour l'Église du Moyen Âge, ne se limitaient
    pas aux trois signes, aujourd'hui mentionnés par le rituel romain; on
    donnait même la préséance à d'autres symptômes tels que la lévitation et
    surtout des zones d'anesthésie, des points du corps anormalement
    insensibles (il s'agit, pour le neurologue moderne, d'un symptôme de
    lèpre à son début, de certaines maladies neurologiques ou d'un phénomène
    de nature hystérique. On peut surtout noter que la personne parle
    souvent seule).

    Remèdes


    Il est utile de considérer les « remèdes » proposés par l'Église. Les catholiques proposent pour venir à bout de la possession :


    • la confession générale (relative à l'ensemble de la vie passée)
    • le jeûne
    • la prière
    • la communion
    • Les objets bénis et surtout l'eau bénite (dont le rituel dit qu'elle « chasse le démon » mieux à son aise dans les flammes de l'enfer)
    • L'exorcisme qui consiste, au nom du Christ, à intimer au démon
      l'ordre d'avouer son nom, puis de quitter le possédé. Dans l'orthodoxie,
      cette phase passe par un long rituel et la répétition de prières
      spéciales impressionnantes3, pratique comparables à celles du film L'Exorciste4.

    Le Vatican et les cas de possession


    Le Vatican invite les candidats à l'exorcisme à s'adresser à des psychiatres. Depuis que la psychanalyse
    existe, on sait que le diable n'est plus forcément à l'origine des
    troubles psychiques qui peuvent affecter l'homme. Aux yeux de l'Église,
    celui qui se dit possédé ne l'est pas forcément, et a souvent plus
    besoin de l'aide d'un psychiatre que de celle d'un exorciste. Or, les
    prêtres-exorcistes n'avaient jusqu'à ce jour qu'un rituel vieux de près
    de quatre cents ans pour pratiquer leur ministère. Ils peuvent
    maintenant compter sur un nouveau rituel, qui intègre l'évolution de la
    médecine et de la psychiatrie. Ce document de 70 pages, entièrement en latin et conforme aux décrets du Concile Vatican II, remplace les formules et les prières du chapitre XII du Rituel romain.

    Le texte met en garde contre l'imagination des hommes qui peut les
    porter à croire qu'ils sont la proie du démon. Dans tous les cas, il
    faut vérifier que celui qui se dit possédé par le démon le soit
    vraiment. Le texte recommande de distinguer entre une véritable
    intervention diabolique et la crédulité de certains fidèles qui pensent
    être l'objet de maléfices ou de malédictions. "Il ne faut pas leur
    refuser une aide spirituelle, mais il ne faut pas à tout prix pratiquer
    un exorcisme."

    Le document poursuit : « L'exorciste décidera avec prudence de la
    nécessité d'utiliser le rite d'exorcisme après avoir procédé à une
    enquête diligente - dans le respect du secret confessionnel - et après
    avoir consulté, selon les possibilités, des experts en matière
    spirituelle, et, s'il est jugé opportun, des spécialistes en science
    médicale et psychiatrique, qui ont le sens des réalités spirituelles. »
    Tout en manifestant une grande prudence, l'Église n'exclut donc pas
    l'emprise du démon sur certaines personnes.

    Elle distingue entre l'exorcisme mineur, fait de prières, et le grand
    exorcisme, qui consiste en une célébration liturgique. C'est le plus
    impressionnant, celui dont s'inspirent généralement les films
    d'épouvante. Le nouveau rituel l'a quelque peu simplifié. Ainsi, les
    prières s'adressant aux démons ont disparu. Le rite comprend entre
    autres une aspersion d'eau bénite, diverses prières, l'imposition des
    mains, la présentation d'un crucifix au possédé, et une formule
    impérative qui s'adresse directement au diable et lui ordonne de s'en
    aller. Ce rite spectaculaire s'avère rarement utilisé. Les autorités
    ecclésiastiques préfèrent souvent créer des structures d'écoute et
    offrir un soutien psychologique aux personnes en difficulté.

    Les cas réels de possession sont dits rares, mais à notre époque où
    l'ésotéro-occultisme attire beaucoup, en particulier chez les jeunes, de
    nombreuses personnes témoignent avoir été délivrés par des exorcismes
    ou des prières de délivrance. L'exorciste de Rome, Dom Amorth, explique
    qu'en général, les personnes ne sont totalement délivrées qu'après deux à
    trois ans de prières de bénédiction (nom qu'il donne à la prière
    d'exorcisme) à raison d'une toutes les deux ou trois semaines, et dans
    la mesure où elles adoptent une vie de prière et un comportement éloigné
    des pratiques à risque.

    Méthode en onze parties établie par le pape Paul V



    1. Récitation par le prêtre en étole violette, dont un bout entoure le
      cou du possédé, d'une litanie accompagnée d'une aspersion d'eau bénite ;
    2. Récitation du Psaume LIV ;
    3. Adjuration à la divinité et interrogation faite au démon (ou à
      plusieurs) de son nom et d'où il provient [Le prêtre exorciste doit
      avant toute chose s'informer du nom et du cercle d'où provient le ou les
      démon(s)] ;
    4. Récitation de certains passages des Évangiles (Jean I ; Luc X-XI ; Marc XVI) ;
    5. Prononciation du premier exorcisme contre le Démon, par le prêtre posant la main droite sur la tête du possédé ;
    6. Prière préparatoire ;
    7. Prière accompagnée de divers signes de croix sur la personne de l'énergumène (comprendre ici personne possédée) ;
    8. Second exorcisme prononcé avec une certaine violence contre l' "Antique Serpent" (Apocalypse XII) ;
    9. Nouvelle prière ;
    10. Troisième et dernier exorcisme ;
    11. Récitation de cantiques, de psaumes et de prière finales.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exorcisme


    Voici la définition médicale des possessions et exorcismes

    En psychiatrie, la possession n'est pas envisagée comme un phénomène
    religieux mais comme une forme de délire au cours duquel le malade se
    croit habité par un être surnaturel qui parle par sa bouche, mobilise sa
    langue malgré lui et dirige ses mouvements (Henri Aubin, Manuel alphabétique de psychiatrie).

    Cette forme de délire se retrouve dans différentes affections
    organiques (encéphalites, intoxication), ou non organiques : mélancolie,
    schizophrénie. Il semble se produire comme moyen d'expression
    occasionnel d'un désarroi organique ou culturel en Afrique et peut aussi
    révéler des phénomènes d'acculturation lors d'une émigration.

    On définit le trouble "personnalité multiple par la coexistence, chez
    un même individu de deux ou plusieurs états de personnalités distincts
    qu'ils aient une mémoire propre, des modalités comportementales
    spécifiques et leurs propres styles de relation sociale ou qu'ils
    partagent une partie de ces différents items. Les deux esprits se
    combattent dans un même champ qui est le corps, et l'âme est comme
    partagée; selon une partie de soi, elle est le sujet des impressions
    diaboliques, et, selon l'autre, des mouvements qui lui sont propres et
    que Dieu lui donne". Ce type de trouble commence à s'installer dès
    l'enfance mais n'est, le plus souvent, remarqué par les cliniciens que
    beaucoup plus tard; il s'agit presque toujours de filles (60 à 90 %).

    Le passage d'une personnalité à une autre est généralement brusque
    (quelques minutes). La transition est sous la dépendance du contexte
    relationnel. Les transitions peuvent survenir également lorsqu'il y a
    conflit entre les différentes personnalités ou lorsque ces dernières ont
    mis au point un plan commun. Les personnalités peuvent être
    diamétralement opposées dans leurs caractéristiques et différer même
    quant aux tests psychologiques et physiologiques: elles peuvent
    nécessiter par exemple des verres correcteurs différents, répondre de
    manière différente au même traitement et avoir des QI différents. On
    décrit l'existence de complications éventuelles, telles que suicide,
    automutilation, agression, viol, toxicomanie, etc.

    La schizophrénie
    peut aboutir elle aussi au sentiment d'être possédé. Dans ce cas
    l'entourage discerne plus facilement qu'il s'agit d'un trouble de la
    personnalité et non d'un phénomène mystique.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Exorcisme

    Une vision athée et très documentée des exorcismes





    1 - Le retour des exorcismes catholiques,
    entre anti-satanisme et anti-paganisme





    Jeudi 17 février 2005, une centaine de prêtres et de séminaristes,
    étudiants en théologie, ont suivi le premier cours sur le satanisme et
    l’exorcisme jamais organisé au monde. Sept cours de trois heures doivent
    être organisés dans le cadre d’un séminaire entre le 17 février et le
    14 avril 2005. Ledit séminaire, qui porte le nom d’ "Exorcisme et prière
    de libération", sera organisé à l’Université pontificale Regina
    Apostolorum par la congrégation des Légionnaires du Christ.

    Cette action a pour but avoué de contrer le développement de la mode
    sataniste dans la musique, l’habillement et les objets, et de faire
    face à l’essor de l’occultisme, de la magie et des "expériences
    mystiques". Le séminaire a encore pour objectif de préparer les prêtres
    et les séminaristes "à discerner les vrais cas de possession diabolique des cas de troubles psychiques afin de les adresser aux exorcistes",
    affirme, sans rire et vraisemblablement très sûr de sa propre santé
    mentale, le père Paolo Scafaroni, recteur de l’université précitée… (1)

    Cette information n’étonnera toutefois que ceux qui ont cru en la
    mutation fondamentale de l’église catholique au lendemain de Vatican II
    (1962-1965), et ont été abusés par certaines de ses fausses promesses
    réformatrices.

    "En 1999, l’église catholique a défini un nouveau
    rituel des exorcismes, multiplié le nombre des prêtres chargés de la
    fonction (ils sont passés de 15 à 120 en France), réaffirmé
    vigoureusement, par la voix du pape, la réalité de l’existence du
    Malin." nous dit Robert Muchembled dans son excellente "Histoire du
    Diable"
    (2).

    Pour sa part, feu le pape Jean-Paul II n’a pas hésité à déclarer dans un
    livre qui lui est attribué et qui est titré "Mémoire et Identité", que
    l’avortement est une "extermination légale"
    comparable à la Shoah et aux autres génocides de l’histoire de
    l’humanité, et que le mariage homosexuel est un instrument du Diable
    menaçant la société… (3)

    Ces récents développements du prosélytisme catholique nous incitent à
    rappeler aujourd’hui que la notion de "possession diabolique" est à la
    base des nombreux crimes commis par le catholicisme à l’encontre des
    prétendus "sorciers" et "sorcières" à travers les siècles, et de la
    livraison hypocrite et criminelle d’une quantité innombrable
    d’innocents, dont plus de 80 % de femmes, au bras séculier.

    La "sorcellerie", le "satanisme" ne sont que les noms que l’église
    catholique a donné aux survivances des anciens cultes païens et ils ne
    sont aujourd’hui synonymes de "mal absolu" que du seul fait de
    l’interprétation malfaisante et calomnieuse de ces traditions anciennes
    par la religion chrétienne.

    Certes, une certaine jeunesse, d’ailleurs souvent avide d’informations
    mythologiques, mais maintenue dans l’ignorance tant par le christianisme
    que par un certain nihilisme consumériste en vogue, s’est égarée dans
    les méandres d’un formalisme satanique inventé par le christianisme et
    véhiculé par des individus tels que Collin de Plancy (4) ou l’abbé Migne (5), pour ne citer que ces deux exemples.

    Ne confondons toutefois pas, à la suite du Vatican, les démarches
    religieuses païennes, présentes ou passées, l’adoration de Dionysos ou
    même de Satan – le droit à l’adoration du Diable fait également partie
    de la liberté d’expression - ou encore certaines provocations juvéniles
    (croix retournées, t-shirt 666 et autres étoiles à cinq branches sur
    vêtements sombres), avec une forme de délinquance (profanations,
    meurtres rituels…) vaguement orgiaque et ultra-minoritaire qui se
    réclame du Diable pour couvrir certains actes répréhensibles et illégaux
    d’un vague vernis satanique.

    C’est pourtant sous le fallacieux prétexte de combattre cette prétendue "menace satanique"
    que le Vatican tente aujourd’hui de remettre à l’honneur des rituels
    grotesques absolument indissociables d’un passé sanguinaire dont il
    prétend hypocritement s’être éloigné, mais sans pour autant avoir jamais
    renié ceux qui en furent les principaux artisans, de Nicolas Rémy (6) à Pierre de Lancre (7) en passant par Martin Del Rio (8).

    Comme le dit très bien Daniel Hulet, citant Maurice Bessy dans sa BD, "L’état morbide" :
    "La représentation des démons étant l’expression
    d’une incompatibilité entre un être et son temps, les dieux d’une époque
    deviennent les diables de la suivante. La chrétienté reconnut pour des
    raisons pratiques la puissance des dieux païens pour finir par la
    qualifier de démoniaque."
    (9).

    Lucifer, aujourd’hui presque synonyme de Satan, est, à l’origine, une
    divinité romaine lumineuse. Il est l’Etoile du Matin, soit la planète
    Vénus annonçant l’Aube, pendant de Vesper, qui est, lui, la planète
    Vénus annonçant le Crépuscule. Belphégor, n’est autre que le dieu
    moabite Baal de Pégor (Nombres, XXV : 5) , tout comme Belzébuth est une
    déformation de Baal-Zéboul (2 Rois, I : 3) dont le titre même de
    "Seigneur des Mouches" a comme but avoué de ridiculiser cette ancienne
    divinité du panthéon cananéen. Le nom d’Eurynome se retrouve par on ne
    sait quelle voie tortueuse, associé dans le "Dictionnaire Infernal"
    (1863) de Collin de Plancy, à l’image d’un diable cornu, alors
    qu’Eurynomé, dans la Tradition hellénique, est l’une des toutes
    premières divinités ; elle est née de l’union d’Océan et de Théthys, et
    Zeus lui-même tombera amoureux d’elle. Derrière le démon Huccan, cité
    dans la "Vie armoricaine" de saint Hervé, il faut trouver le visage du
    dieu Lugh-Lugos. Derrière le nom d’Hellequin, dans lequel tous les
    théologiens s’accordent à trouver une image du Diable (10), il faut trouver le nom du germanique Odin-Wotan. Les exemples de ce type sont innombrables !

    Et relevons encore, à ce propos, l’information suivante, qui concerne des divinités celtiques dans la région de Luxeuil : "La
    Terre Abbatiale de Luxeuil connut aussi un très grand nombre d’affaires
    de Sorcellerie. La Sorcellerie y avait déjà eu ses grands jours en 1529
    avec le procès Inquisitorial de Desle la Mansenée. Presque soixante-dix
    poursuites de sorciers devant la justice furent opérées de 1620 à 1630.
    Un très grand nombre de condamnations à mort furent prononcées. Nous
    avons vu plus haut (1re Partie, chap. II) les causes sociales de cette
    épidémie de Sorcellerie et le nom même du Bois de Serve où se tenait
    l’un des Sabbats du pays est une précieuse indication à ce sujet, de
    même que les contrées orientales boisées voyaient le plus grand nombre
    des assemblées nocturnes démoniaques. Enfin les cultes celtiques de
    Sirona et Bricia, divinités des Sources, assuraient en face du pouvoir
    ecclésiastique haï, la permanence d’une tradition païenne disparue
    s’opposant à la religion catholique dominante."
    (11)

    Pour rappel, Sirona, dont le nom, qui signifie "la Stellaire", nous est
    également connu sous l’orthographe "Thirona", est une déesse celtique
    dont on retrouve la trace non-seulement à Luxeuil et dans d’autres
    régions de France, mais aussi en Allemagne, en Suisse, en Roumanie, en
    Italie et en Autriche. Quant à "Bricia", il faut en fait lire Bricta ou
    encore Brixta. Elle est connue à Luxeuil sous la forme Brixtae (CIL XIII
    05426), alors que Sirona y est connue sous la forme Sironae (CIL XIII
    05424). (12)

    2 - L’exorcisme dans la tradition chrétienne




    Rappelons que la notion d’exorcisme n’est nullement le fruit d’une
    interprétation abusive et fantaisiste des Ecritures bibliques mais
    constitue, au contraire, une partie de la "vérité divine" telle que la
    conçoivent les chrétiens.

    En effet, les disciples du Christ reçurent le don de chasser les démons en son nom :

    "Or il advint, le jour suivant, à leur descente de la montagne, qu’une foule nombreuse vint au-devant de lui.
    Et voici qu’un homme de la foule s’écria : "Maître, je te prie de jeter les yeux sur mon fils, car c’est mon unique enfant."
    Et voilà qu’un esprit s’en empare, et soudain il crie, le secoue avec
    violence et le fait écumer ; et ce n’est qu’à grand-peine qu’il s’en
    éloigne, le laissant tout brisé.
    "J’ai prié tes disciples de l’expulser, mais ils ne l’ont pu."
    "Engeance incrédule et pervertie, répondit Jésus, jusqu’à quand serai-je
    auprès de vous et vous supporterai-je ? Amène ici ton fils."
    Celui-ci ne faisait qu’approcher, quand le démon le jeta à terre et le
    secoua violemment. Mais Jésus menaça l’esprit impur, guérit l’enfant et
    le remit à son père.
    Et tous étaient frappés de la grandeur de Dieu."

    (Luc, IX : 37-43).

    "Jean prit la parole et dit : "Maître, nous avons
    vu quelqu’un expulser des démons en ton nom, et nous voulions
    l’empêcher, parce qu’il ne te suit pas avec nous."
    Mais Jésus lui dit : "Ne l’en empêchez pas ; car qui n’est pas contre vous est pour vous"."

    (Luc, IX : 49-50). (13)

    Ces deux passages de l’évangile de Luc – que l’on retrouve avec quelques
    variantes dans Matthieu XVII : 14-21 / Marc IX : 17-29 - indiquent très
    clairement que Jésus donne l’autorisation d’exorciser en son nom et
    c’est là l’argument avancé habituellement par les chrétiens lorsqu’on
    les accuse de pratiquer une magie que, d’autre part , ils dénoncent.
    L’efficacité de l’exorcisme ne vient pas, selon eux, d’une quelconque
    force magique personnelle, mais bien de la foi en Dieu : on exorcise au
    nom de Dieu, non en son nom personnel, la force qui expulse le démon
    n’est pas de nature humaine mais d’essence divine.

    L’exorcisme qui, en grec, signifie "conjuration", est un "terme
    utilisé pour chasser les démons et mauvais esprits par le seul Esprit
    de Dieu et la prière, et non par des moyens ou formules magiques."
    (14)

    Si l’on s’en tient au texte évangélique cité précédemment, il semble
    apparaître que toute personne ayant la foi, est susceptible de
    pratiquer un exorcisme au nom de Dieu. Toutefois, l’Eglise catholique
    n’en a pas moins limité la fonction d’exorciste aux ordres mineurs (15).

    A ce sujet remarquons que dans l’évangile de Marc, notamment, il est
    effectivement fait mention précisément des douze apôtres auxquels fut
    conférée la capacité de chasser les démons : "Il (en) établit douze pour les avoir avec lui et pour les envoyer prêcher, avec pouvoir de chasser les démons." (Marc III : 14-15, aussi : Luc IX : 1-2). Et évoquant les mêmes apôtres : "Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient." (Marc VI : 13). Dans ce cas, il apparaît bien que le pouvoir d’exorciser se trouve réservé à une "élite" choisie par le Christ.

    Comment expliquer que, d’une part, un homme non-choisi par Jésus et qui
    ne le suivait même pas, ait pu pratiquer des exorcismes avec succès (Luc
    IX : 49-50) et que d’autre part, comme nous le voyons à présent, ce
    pouvoir ne semble avoir été conféré par le Christ qu’à certains de ses
    disciples, en l’occurrence les douze apôtres ? Il y a là une évidente
    contradiction.

    Dans une autre histoire (Marc VII : 24-30 / Matthieu XV : 21-28), Jésus
    effectue un exorcisme au profit d’une païenne, en l’occurrence une
    Syrophénicienne de culture grecque dont la petite fille était, dit-on,
    possédée par un démon. Mais cet exorcisme là sera effectué à distance,
    par la puissance présumée de la parole de Jésus, car il n’était pas
    permis à un Juif d’entrer dans la maison d’un païen (16) : "Alors
    il lui dit : "A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta
    fille." Elle retourna dans sa maison et trouva l’enfant étendue sur son
    lit et le démon parti."
    (Marc VII : 29-30).

    On pourra évidemment rétorquer qu’il est très facile de prétendre que la
    force qui permet d’exorciser est d’origine divine et qu’elle n’est ni
    d’origine humaine, ni d’origine démoniaque. Cette question a également
    été abordée dans les évangiles. Ainsi, certains accusèrent Jésus
    d’expulser les démons par le pouvoir de Béelzéboul qui, comme nous
    l’avons dit, nous est mieux connu, par l’imagerie populaire, sous le nom
    de Belzébuth :

    "Il expulsait un démon, qui était muet. Or, il
    advint que, le démon étant sorti, le muet parla, et les foules furent
    dans l’admiration.
    Mais certains d’entre eux dirent : C’est par Béelzéboul, le prince des démons, qu’il expulse les démons.
    D’autres, pour le mettre à l’épreuve, réclamaient de lui un signe venant du ciel."

    (Luc, XI : 14-16).

    Jésus affirme ainsi qu’il ne peut exorciser au nom de Béelzéboul car
    cela signifierait la division de la maison de Satan, ce qui ne lui
    semble pas pensable et que, de ce fait, il est évident qu’il ne peut
    agir qu’au nom de Dieu… J’épargnerai au lecteur cette longue et pénible
    tirade et préfère le renvoyer au texte biblique (Luc, XI : 17-22)…

    En définitive, visiblement exaspéré par cette discussion dont il avait
    bien du mal à se dépêtrer, Jésus affirmera péremptoirement :

    "Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe"
    (Luc, XI : 23).

    Une intransigeance toute divine, mais qui ne prouve rien…

    Des exorcismes christiques sont évoqués dans d’autres passages des
    évangiles. Il y a les passages concernant la guérison de démoniaques à
    Capharnaüm (Luc IV : 31-37 et 40-41 / Marc I : 21-28), de même que ceux
    qui évoquent un prétendu démoniaque gergésénien.

    C’est à cette occasion que Jésus rencontrera des démons possédant ledit
    démoniaque gergésénien (Luc VIII : 26- 39 / Matthieu VIII : 28-34 / Marc
    V : 1-20) et qui se présenteront au Nazaréen sous le nom générique de
    "Légion" "car beaucoup de démons étaient entrés en lui." (Luc VIII : 30) (17).
    Implacable logique... Par la suite, sous la pression de Jésus, tous ces
    démons quitteront ce corps d’homme pour aller habiter des porcs qui
    iront finalement se jeter dans un lac pour s’y noyer…

    Notons encore, dans un autre passage, cet étrange amalgame fait entre la
    notion d’infirmité physique et celle de possession diabolique :
    "Et il y avait là une femme tenue depuis dix-huit
    ans par un esprit qui la rendait infirme : elle était courbée et ne
    pouvait absolument pas lever la tête. L’ayant vue, Jésus l’appela et lui
    dit : "Femme, tu es délivrée de ton infirmité." Et il lui imposa les
    mains ; aussitôt elle se redressa, et elle glorifiait Dieu."
    (Luc XIII : 11-13).
    Au cours de la dispute qui suivit à propos du travail le jour du sabbat
    (!), il sera clairement dit par Jésus que Satan tenait cette femme liée
    depuis dix-huit ans. Faut-il dès lors en déduire qu’un certain nombre de
    handicaps physiques sont, en réalité, le résultat d’une possession
    diabolique ? Et si oui, combien de handicapés sont-ils, en réalité,
    selon l’Eglise catholique, des possédés, des esclaves du Diable ?

    Dans Matthieu, l’établissement de cette relation entre infirmité,
    maladie et possession, renvoie cette fois à Isaïe, c’est-à-dire, à
    l’Ancien Testament :

    "Le soir venu, on lui amena quantité de
    démoniaques, et il chassa d’un mot les esprits et il guérit tous les
    malades, afin que fût accompli ce qui a été dit par le prophète Isaïe :
    Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies."

    (Matthieu VIII : 16-17).

    Dans cet autre passage de l’évangile de Matthieu, qui fait écho au début
    de l’histoire de Béelzéboul dans l’évangile de Luc, c’est un muet qui
    est, cette fois, la proie de Satan : "Après leur
    départ, on lui présenta un muet possédé du démon. Le démon chassé, le
    muet parla, et les foules, saisies d’admiration, dirent : "Jamais rien
    de semblable ne s’est vu en Israël." Mais les Pharisiens disaient :
    "C’est par le chef des démons qu’il chasse les démons."
    (Matthieu
    IX : 32-34). L’histoire de Jésus accusé d’exorciser par Béelzéboul se
    retrouve d’ailleurs à Matthieu XII : 22-30. Le "possédé" guéri par
    Jésus, non-content d’être muet, était aussi aveugle, dans cette version…
    Autre version de la même histoire dans Marc III : 20-30.

    Nous le voyons, les exorcismes occupent une place importante dans les
    évangiles et constituent une arme essentielle du prosélytisme chrétien.
    Ils prétendent démontrer la puissance supérieure du dieu unique
    d’Abraham, de son fils Jésus et du christianisme, aux sceptiques et aux
    incrédules, en attribuant une origine divine à quelques tours de
    prestidigitateurs et d’illusionnistes, tout en rejetant d’emblée toute
    accusation de magie.

    Il n’est nullement étonnant, dès lors, de voir aujourd’hui l’Eglise
    catholique en pleine débâcle, tenter de revenir à ces pratiques
    burlesques dans l’espoir de revigorer par ce moyen son prosélytisme
    chancelant et d’attirer à nouveau à elle certains esprits faibles
    éventuellement hypnotisés ou effrayés par le barnum satanique
    d’inspiration ecclésiastique.

    Voici ce que nous dit de l’exorcisme un certain révérend père Tronquédec dans un ouvrage intitulé "Les maladies nerveuses ou mentales et les manifestations diaboliques" (un thème très proche de celui abordé par le séminaire "Exorcisme et prière de libération"…) : "L’exorcisme
    est une cérémonie impressionnante qui peut agir sur l’inconscient des
    malades ; les adjurations au démon, les aspersions d’eau bénite, l’étole
    passée au cou du patient, les signes de croix répétés, tout cela est
    très capable de susciter, dans un psychisme passablement délabré, la
    mythomanie diabolique en paroles et en actions. Si on appelle le diable,
    on le voit : non pas lui, mais un portrait composé d’après les idées
    qu’on s’en fait."
    (18)

    Ne dit-on pas d’ailleurs que le cinéma d’épouvante, notamment américain,
    dans lesquels les prêtres catholiques apparaissent comme l’ultime
    recours contre le Mal (ex. : L’Exorciste), a rendu de fiers services à
    l’Eglise catholique ? "Aux Etats-Unis ,
    l’Exorciste de William Friedkin connut un rare succès en 1973. Des
    scènes d’hystérie parmi les spectateurs de Boston et de la côte Est
    furent rapportées par les journaux. La représentation d’un rituel
    catholique d’exorcisme sur le corps d’une possédée fit forte impression
    sur les puritains, alors que nombre d’Européens se sentirent plutôt
    déçus lorsqu’ils allèrent voir cette production précédée d’une
    réputation sulfureuse."
    (19).

    Mais l’Europe de 2005 n’est pas celle de 1973 et le regain d’intérêt de
    l’église pour l’exorcisme semble donc bel et bien s’inscrire dans un
    contexte de propagande audiovisuelle.

    Le "Rituale Romanum", établi par le pape Paul V (1605-1621), définit,
    quant à lui, une méthode en onze points à suivre pour exorciser les
    démons, comprenant notamment des récitations de psaumes, de passages des
    Evangiles, des aspersions d’eau bénite, l’interrogation des démons (
    ?), des prières, etc … (20).

    Mais tous les prêtres ne semblent pas aussi attachés à la tradition
    vaticane. Ainsi, l’abbé Julio (1844-1912) pensait qu’il ne fallait pas
    s’en tenir au seul "Rituale Romanum" imposé par le Vatican et
    recommandait l’utilisation d’autres prières, telle que celle de saint
    Cyprien ou encore l’Exorcisme de Léon XIII contre Satan et ses Anges
    apostats…

    D’autres encore, adeptes d’une plus grande fantaisie, recommandent des
    exorcismes téléphoniques… Ainsi, en 1984, au cours d’un colloque réuni à
    Fontevrault et consacré à l’ "Histoire des faits de sorcellerie",
    l’abbé Chenesseau, secrétaire de l’Assemblée des Exorcistes français, a
    affirmé que le "Seigneur" avait confié "le talent de pouvoir agir à distance"
    -souvenons-nous de l’histoire de la petite fille païenne exorcisée à
    distance par Jésus…- , voilà pourquoi il avoua pratiquer sur demande
    –nous voilà rassurés !- l’exorcisme téléphonique (21)...
    Ceci explique également pourquoi j’ai eu parfois le privilège de lire
    la logorrhée biblique de probables émules de cet abbé exorciste sur
    certains forums de discussion et autres "livres d’or" : du téléphone,
    ils sont passés à Internet, on arrête pas le progrès... Dois-je préciser
    que les sites "païens" ainsi exorcisés, existent toujours ?

    Tout cela pourrait apparaître comme une grosse farce si le passé ne
    venait nous rappeler que la notion d’exorcisme est intimement liée à
    celle de "possession diabolique" et qu’au nom de la lutte contre cette
    dernière, l’Eglise catholique a, durant des siècles, persécuté, violé,
    massacré, torturé une quantité innombrable de personnes considérées
    comme "habitées par le Diable" sous-prétexte qu’elles étaient restées
    fidèles aux croyances de leurs ancêtres, qu’elles avouaient ne pas
    croire dans le dieu de la Bible, que leur intelligence ne leur
    permettait tout simplement pas de croire au dogme chrétien ou que,
    malgré leur innocence, elles eurent le malheur de se trouver au mauvais
    moment et à la mauvaise place, sur le chemin de tel représentant de
    l’église, envieux ou fanatique, de tel délateur, jaloux ou pervers.

    Nous avons vu également le lien établi, dans les évangiles,2entre la
    notion de "possession démoniaque" et celle de maladie, physique ou
    psychique. Cela semble rejoindre les préoccupations des "Légionnaires du
    Christ", organisateurs du séminaire "Exorcisme et prière de
    libération", mais nous ne comprenons pas de quel droit, des prêtres,
    représentants d’une église parmi tant d’autres, se permettent de se
    mêler de psychiatrie. Car, pour pouvoir distinguer un cas de possession
    diabolique d’un cas de déséquilibre psychique, il faut bien que l’Eglise
    catholique empiète sur le domaine d’Asclépios, à moins qu’il ne
    s’agisse d’une "médecine chrétienne", ce dont je n’ai jamais entendu
    parler, du moins sérieusement. Depuis quand un curé est-il habilité, du
    simple fait de sa fonction sacerdotale, à diriger une personne chez un
    psychiatre…? Le païen, l’athée, le juif ou encore le sataniste et le
    luciférien, n’ont-ils d’autres destinées que la possession ou la folie ?
    Tout opposant au dogmatisme abrahamique serait-il soit fou, soit
    possédé, et si telle n’est pas l’idée des initiateurs de cet absurde
    séminaire sur les exorcismes et la possession démoniaque, où pensent-ils
    pouvoir établir la frontière entre possession satanique, maladie
    mentale et liberté de pensée ? La réalité est que, fondamentalement, ils
    ne reconnaissent aucun droit à l’existence de la troisième, qu’ils sont
    contraints d’évoquer la seconde, faute d’encore posséder le droit légal
    de généraliser la première, comme leurs prédécesseurs le firent durant
    des siècles, au temps des bûchers.

    Avant d’aborder la prochaine partie de ce texte, celle consacrée à la
    possession démoniaque, il me paraît souhaitable de laisser Jean Wier (ou
    Johan Weyer, 1515-1588), auteur d’une célèbre "Pseudomonarchia
    daemonum" et grand pourfendeur des procès en sorcellerie, s’exprimer sur
    la question de l’exorcisme et des exorcistes : "Il
    y a des hommes sots, téméraires et audacieux qui s’appellent gens
    d’Eglise, mais mondains par trop, à raison de leur ordre (mauvaise) et
    sale vie, tels que les demande celui qui joue le principal personnage de
    cette farce, qui étant appelés pour guérir ceux que l’on pense
    ensorcelés ou démoniaques, par leurs exorcismes accoutumés et par la
    formule de certaines cérémonies observées, accourent pour guérir la
    maladie et pour chasser le Diable, lequel quelquefois se retire de sa
    propre volonté au moyen de leurs exécrables blasphèmes, et se joue ainsi
    pour toujours établir et confirmer l’impiété. Ce sera bien fait de
    mettre ces exorcistes au nombre des enchanteurs et sorciers."
    (22)

    3 - Les esclaves du Diable




    Définissons la "possession diabolique" comme "une
    intrusion brutale du Démon dans des corps prédisposés à le recevoir, en
    raison d’une névrose ou d’un état d’anxiété bien marqué."
    (23)

    Nous soulignerons tout particulièrement cette notion ambiguë de "corps
    prédisposés à recevoir le Démon", notion qui, si elle n’était pas suivie
    des références psychopathologiques toutes modernes reprises dans cette
    phrase, pourrait donner à penser que le "possédé" est implicitement
    complice dudit Démon ou qu’à tout le moins, sa vie pécheresse a été
    perçue par le Diable comme une invitation à la possession et qu’en
    définitive, le "possédé" est bien plus démoniaque que malade ou
    mentalement déséquilibré, sa culpabilité ne faisant dès lors plus aucun
    doute…

    La juxtaposition de la première et de la seconde partie de cette phrase,
    réalisée en toute bonne foi et en parfaite objectivité par Roland
    Villeneuve, cela va sans dire, résume à elle seule tout le caractère
    ambigu, pour ne pas dire malsain, du séminaire sur l’exorcisme organisé
    cette année à l’Université pontificale Regina Apostolorum.

    Bien sûr nous n’accusons nullement l’église catholique d’aujourd’hui,
    d’envisager un quelconque retour à la répression anti-sorcière et
    anti-païenne des XVIe et XVIIe siècles, mais nous nous bornerons à
    constater que le vernis psychologique dont cette église tente de
    recouvrir son regain d’intérêt pour l’exorcisme cache bien mal les
    crimes d’hier commis contre des populations innocentes au nom de la
    lutte anti-satanique. Rappelons que le Vatican n’a jamais renié
    Torquemada et ses nombreux autres sbires génocidaires de la "Très Sainte
    Inquisition" et n’a même jamais pris la peine de s’excuser auprès des
    femmes qui furent pourtant, très majoritairement, les victimes de la
    répression anti-sorcière.

    En distinguant la "possession démoniaque" des "troubles psychiques", les
    initiateurs du séminaire "Exorcisme et prière de libération" devraient
    logiquement renvoyer le "névrosé" chez le médecin, si toutefois ils se
    révèlent compétents pour donner pareil conseil, ce dont, vu leurs
    préoccupations exorcistes et sataniques, on peut douter sérieusement… Il
    leur resterait alors à traiter ceux dont les "corps prédisposés" ont
    accueilli le Démon complaisamment, sans même l’excuse d’un déséquilibre
    psychique.

    L’une des plus célèbres affaires de prétendue possession fut sans
    conteste celle de Loudun (1632-1634), cette histoire atroce et sordide
    dont la principale victime fut le curé Urbain Grandier se révéla être un
    mélange de rivalités, de jalousies, de luttes politiques, de haines
    entre ordres religieux, de vengeances bien humaines et bien peu
    démoniaques, Grandier ayant notamment eu le grand tort de se trouver
    trop souvent sur le chemin du Cardinal de Richelieu. Une véritable
    cabale fut montée contre ledit Grandier qui se trouva bientôt prisonnier
    d’un piège machiavélique, œuvre de l’acharnement de ses ennemis. On se
    souviendra de ces ursulines de Loudun, portées au comble de l’hystérie
    sous la ferme insistance de prêtres et moines manipulateurs, mimant des
    scènes démoniaques où se mêlaient le grotesque et l’obscène, se
    prétendant possédées par Asmodée, Grezil ou Cerbère, accusant Grandier
    d’être le Diable en personne, sous le regard mi-amusé, mi-effrayé d’une
    foule de curieux. Mais "au spectacle des
    possessions allait désormais succéder celui du supplice de Grandier, par
    une chaleur étouffante, le 18 août 1634. Tous ses ennemis installés aux
    meilleurs balcons se régalèrent de voir passer sur la charrette un
    pantin désarticulé complètement rasé, après la recherche de la marque
    diabolique, et incapable de tenir debout par suite de l’application des
    brodequins. Grandier refusant toujours de se reconnaître pour magicien
    fut assis sur une chaise de fer, et le bourreau n’eut pas le temps de
    l’étrangler : les bons pères capucins mirent le feu au bûcher pour
    s’assurer qu’il brûlerait vivant… On a même prétendu que, devant son
    entêtement, ils lui tendirent, pour l’embrasser, un crucifix de métal
    porté à l’incandescence. Un gros insecte ayant volé autour du bûcher fut
    considéré comme l’envoyé de Belzébuth, chargé d’emporter l’âme du curé
    aux Enfers !…"
    (24)

    Pour être emblématique, l’affaire de Loudun ne fut pas, loin s’en faut,
    un cas isolé de prétendue "possession". Une vingtaine d’années avant
    l’affaire de Loudun, l’affaire Louis Gaufridy, curé de Notre-Dame des
    Accoules, à Marseille, préfigura même toutes les affaires de possession
    du XVIIe siècle. Là aussi, dans un contexte de jalousies, de relations
    interdites et de rivalités, des ursulines prétendront être possédées par
    le Diable et accuseront Gaufridy des pires turpitudes. Et de prétendus
    démons, - Belzébuth, Asmodée, Verrine, Grésil, Sonneillon, et bien
    d’autres… - firent, dans ce cas également, leur entrée tonitruante.
    Gaufridy subit la recherche des marques diaboliques, les questions
    ordinaire et extraordinaire et périt finalement sur le bûcher, brûlé
    vif, le 30 avril 1611. Dans cette affaire, il s’est même trouvé
    plusieurs démons "pour assurer qu’après s’être
    frotté d’une huile magique, Gaufridy se transportait au sabbat et
    revenait ensuite dans sa chambre par le tuyau de la cheminée…"
    (25)

    Citons encore la possession de Louviers, l’une des plus scandaleuses qui
    se soient produites au XVIIe siècle. Cette histoire sordide eut pour
    actrice principale Madeleine Bavent, religieuse déflorée à l’age de
    quatorze ans par un certain père Bontemps (!), elle fut ensuite séduite
    et prostituée par un certain nombre d’autres "excellents hommes
    d’église". Une épidémie de possession diabolique éclata bientôt dans le
    couvent et Madeleine fut accusée d’en être la seule responsable : pas
    moins de dix-huit religieuses se prétendirent possédées et quinze autres
    obsédées… Madeleine Bavent, qui reconnut bon gré, mal gré, sa
    culpabilité suite à un opportun témoignage du démon Léviathan (!), fut
    accusée de sorcellerie, en mars 1643. Elle fut chassée de son ordre,
    dépouillée du voile et condamnée à la prison à vie dans les prisons de
    l’Officialité.

    Voilà ce qu’il en est de ces trois grandes affaires de possession,
    œuvres immortelles dans les annales de la bêtise humaine, dirais-je,
    pour paraphraser Michelet. Et puis il y eut les innombrables autres
    affaires, toutes plus cruelles et sordides les unes que les autres,
    toutes initiées par cette église qui se prétend représentante d’un dieu
    d’amour et qui aujourd’hui encore, bien qu’elle ne parvienne pas à se
    libérer de ses propres démons, prétend exorciser le mal chez autrui. Il y
    eut ces prêtres fouillant avec des aiguilles, à la recherche de
    prétendues "marques diaboliques" dans le "fondement" des hommes et dans
    la "nature" des femmes, il y eut ces tortures innommables infligées à
    des innocents, paysannes ou lettrés, religieux ou civils, riches ou
    pauvres, il y eut ces accusations de réunions sabbatiques, de
    sorcellerie et d’innombrables actes sottement attribués à Satan, il y
    eut ces bûchers, ces villages vidés de leur population féminine par des
    inquisiteurs aussi meurtriers que frustrés et envieux.

    Voilà l’univers de la "possession diabolique" qui terrorisa l’Occident
    européen tout entier durant des siècles, voilà le règne de la peur et de
    la mort que l’église catholique imposa trop longtemps aux populations
    qu’elle maintenait sous son emprise et auquel les termes d’"exorcisme"
    et de "prière de libération" nous renvoient comme dans un gouffre
    infernal.

    Comment ne pas évoquer encore ce sommet d’absurdité qu’était la "pesée
    des sorcières" ? Les sorcières étaient présumées peser beaucoup moins
    qu’une Bible, car selon ces profonds philosophes qu’étaient les
    démonologues à la solde de l’église, les sorcières échappaient aux lois
    de la pesanteur. Aussi, pour déterminer si une personne était ou non une
    sorcière, l’immergeait-on dans l’eau froide (puits, fleuve ou rivière)
    afin de voir si elle flottait ou non. Dans le premier cas, elle était
    déclarée coupable et envoyée au bûcher, dans le second cas, elle mourait
    noyée, certes, mais lavée des soupçons de satanisme sorcier qui
    pesaient sur elle et l’âme prête à être reçue par le "bon seigneur
    Jésus"… (26)

    Comment ne pas citer aussi le cas de cette malheureuse Sicilienne nommée
    Pellegrina Vitello, qui lors d’une visite de "charité" ou de
    "bienfaisance" se vit questionnée d’une manière totalement cruelle par
    une "Seigneurie" "charitable et bienfaisante" de la manière suivante ? :

    "Et on donna l’ordre de la faire sortir et de l’attacher à la corde, et une fois sortie on l’avertit à nouveau.
    Dixit : me voici, je ne sais que dire.
    Et ils commandèrent qu’elle fut attachée, et les ministres attachèrent
    les traverses, et en pleurant elle dit : si je le savais, je le dirais.
    Et sa Seigneurie la pressait de dire la vérité.
    Et ipsa ne répondit point, mais se lamentait.
    Et quand on l’attachait elle disait : hélas, hélas, ah, mon
    Saint-Esprit, aidez-moi car je n’ai rien fait, oh, Saint-Esprit, comme
    je n’ai rien fait, aidez-moi !
    Et comme on touchait la corde, elle était en train de dire : Oh mon Saint Esprit, aidez-moi car je n’ai rien fait !
    Et iterum Sa Seigneurie Rév.me la pressait de dire la vérité.
    Dixit Seigneur jamais au monde ne le fis.
    Et comme on la hissait au-dessus de terre, elle suait et disait :
    Seigneur, je ne sais rien, ce sont des traîtres qui m’ont accusée à
    tort, aidez-moi, chrétiens, ah, Seigneur, vous me donnez la corde à
    tort.
    Et apposita tabula in pedibus.
    Dixit : Que voulez-vous, Seigneur, que je dise par force ? Sainte
    Catherine, ah Saint-Esprit ! Répétant Saint-Esprit, ah, Seigneur, vous
    me la donnez à tort. Et comme on lui demandait si elle avait oncques été
    torturée, dixit que non, et elle était pendue à la corde."
    (27)



    En guise de conclusion, soulignons que dans le contexte d’agitation
    prosélyte, par ailleurs souvent agressive, que l’on retrouve tant dans
    le christianisme que dans l’islam, l’image du Mal doit être sans cesse
    agitée pour convaincre par la peur, les uns, de se rallier à la
    prétendue "unique vérité" ainsi brandie et paradoxalement élevée au
    rang de "bonté divine", et les autres, de ne jamais s’écarter du "droit
    chemin" sous peine d’être précipité dans les flammes infernales. Ainsi,
    le Diable ne tient-il que peu de place dans l’Ancien Testament. C’est
    le Nouveau Testament qui va révéler Satan comme le chef des forces liguées du Mal (28).

    Le Coran lui emboîtera d’ailleurs le pas. En effet, tout comme le
    Nouveau Testament, le Coran est rempli de références diaboliques,
    d’Iblis en passant par Dajjal, de menaces infernales, d’anathèmes, de
    démons et de malédictions contre les apostats, les infidèles et les
    incrédules, et tout particulièrement contre les Juifs et les
    "associateurs", ce dernier terme désignant ceux qui associent l’image
    d’autres dieux au nom du prétendu "seul véritable dieu unique créateur",
    c’est-à-dire les païens (à l’origine, les polythéistes arabes), bien
    que ce terme puisse également être appliqué aujourd’hui à tous ceux qui
    n’appartiennent à aucune des trois religions révélées du Livre.

    En juin 2004, Jean-Paul II réaffirmait le repentir de l’église pour les "erreurs commises dans le service à l’égard de la vérité en ayant recours à des méthodes non-évangéliques" durant "période noire" de l’Inquisition qualifiée de "chapitre douloureux sur lequel les chrétiens doivent se pencher avec un esprit ouvert au repentir".
    C’est vraiment le moins que l’on puisse dire ! Et ce "repentir" sincère
    que nous attendons toujours en vain, n’a guère empêché les Légionnaires
    du Christ de se sentir bien inspirés en organisant un séminaire
    consacré aux exorcismes et aux prières de libération qui justement
    renvoient à l’une des périodes les plus noires du christianisme.

    "Mais sur le chemin de cette réalisation il peut y avoir des possessions
    d’un genre fort différent. Car toutes les inspirations, certes, ne sont
    pas divines, ni même morales, ni même topiques. Comment distinguer
    entre les directives du non-moi qui est le Saint-Esprit et de cet autre
    non-moi qui est quelquefois un imbécile, parfois un fou et parfois un
    criminel méchant ?" (29)


    http://atheisme.free.fr/Contributions/Exorcisme.htm
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    Re: L'exorcisme et ses interprétations

    Message par Ju le Sam 12 Nov - 0:14

    Une lecture intéressante, merci.

    Le fossé entre croyants et non croyants ne se comblera probablement jamais. Psychiatres et exorcistes, dans une moindre mesures pour ces derniers, auront toujours du travail et surtout des arguments motivant leurs actes. De toute façon dès qu'un débat approche de près ou de loin une religion il y a le principe de "foi" qui se retrouve tôt ou tard sur la table, dressant un cordon sanitaire entre jouteurs. C'est presque un point Godwin non violent.

    Personnellement j'orienterais d'emblée vers un psychiatre. ...Et j'envisagerais l'aide d'un exorciste dans un temps ultérieur si le premier et ses confrères s'avèrent impuissants et qu'il y a demande d'un homme de foi par les intéressés. Non pas par croyance personnelle mais parce que j'ai appris dans mon métier que la guérison prend parfois des chemins détournés que tous ne voient pas. Je crois en la science et je crois aussi en la guérison, les deux n'étant pas toujours compatibles.

    Je peux dire aussi que si je me retrouve demain sur mon lit de mort avec un coco en soutane essayant de m'avoir à confesse qu'il va prendre vite fait son C4. J'assume toutes mes erreurs, ayant fait la plupart d'entre elles par choix et continuant régulièrement d'en faire.
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    Re: L'exorcisme et ses interprétations

    Message par Giromu le Sam 12 Nov - 9:53

    Je ne sais qu'une chose: la guérison d'une maladie passe par l'état d'esprit du malade. Pour avoir vécu coup sur coup deux maladies de longue durée pendant une période où ça se passait assez mal dans ma vie, j'ai bien vu le lien Bon état d'esprit/maladie soignée plus vite.

    Donc que la religion intervienne dans le processus de guérison d'une personne croyante ne me choque pas si il s'agit d'un traitement parallèle à l'aspect médical. Wink
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    Re: L'exorcisme et ses interprétations

    Message par Ju le Sam 12 Nov - 16:06

    Tout à fait.

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    Re: L'exorcisme et ses interprétations

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