Pop-culture, sujets en vrac et tiramisus


    La légende des héros de la galaxie – Un des anime les plus complets jamais crées

    Partagez
    avatar
    Giromu
    Captain America

    Messages : 2616
    Date d'inscription : 10/07/2011

    La légende des héros de la galaxie – Un des anime les plus complets jamais crées

    Message par Giromu le Mar 4 Fév - 21:07


    Une mort typique d'officier supérieur de l'alliance des planètes libres.The epicness!

    La légende des héros de la galaxie est un des anime les plus mythiques parmi les amateurs d’anime des années 80.

    C’est avant tout des chiffres :
    110 OAV sorties de 1988 à 1997 !
    52 OAV complémentaires qui détaillent des scènes qui complètent l’intrigue de la série principale sorties de 1998 à 2001  !
    3 longs métrages !


    Le premier des 4 openings, dédié comme tous les autres à l'empire. Tous les openings sont en Anglais.




    Le premier des 4 endings, qui sont toujours dédiés à l'alliance des planètes libres. Tous les endings sont en Japonais.




    La série de 110 épisodes est la plus longue succession d’OAV (« original animation video », anime destinées à être directement distribués dans le circuit vidéo, format qui a connu son heure de gloire dans les années 80) jamais crée.

    Imaginez qu’à l’époque, les japonais payaient une somme rondelette pour recevoir leurs K7 vidéos chez eux. Chacune contenait un seul épisode de 25 minutes!!!


    La légende des héros de la galaxie
    (LOTGH pour les intimes, acronyme de l’anglais Legend of the galactic heroes) est un space opera adapté d’une serie de romans de l’auteur japonais Tanaka Yoshiki, qui a aussi écrit les romans à l’origine de la légende  héroïque d’Arslan (Arslan senki), un classique de l’héroic fantasy adaptée en 6 excellentes OAV malheureusement inachevées (et disponibles chez nous en DVD).


    Reinhard von Lohengramm, le héros principal de la série.


    « N’entrez pas, c’est une vraie boucherie là-dedans »

    Il est connu pour ses fresques hautes en couleur et riches de centaines de personnages. Il est également célèbre pour avoir précédé Urobuchi Gen (auteur de scénarios de merveilles comme Fate/Zero, Puella magi Madoka Magica ou encore Saya no Uta) dans la réputation d’être un « boucher », tuant ses personnages principaux par paquets de 10.

    LOTGH est, sous des abords proprets de beaux officiers élégants qui se livrent des duels honorables, une grosse boucherie, à tel point que j’appelle personnellement cette série « la légende des bouchers de la galaxie ».


    Les deux meilleurs amis de l'univers, Oskar Von Reuenthal le torturé et Wolfgang Mittermeyer, le solaire


    Imaginez deux armées qui s’affrontent à coup de destroyers stellaires comme ceux de Star wars, longs de 2 kilomètres de long et abritant des milliers de soldats.

    Imaginez que cette guerre dure depuis plus de 130 ans et qu’elle soit à l’échelle de toute la voie lactée. Maintenant, imaginez qu’une bataille implique entre 500 et 1000 vaisseaux, parfois bien plus, et que les pertes dans chaque camp s’élèvent en moyenne à des dizaines de milliers lors de chaque bataille… Voyez-vous un peu le genre de boucherie sophistiquée ?
    Oh, certes, on ne voit la plupart du temps que des vaisseaux exploser mais certains épisodes se font un malin plaisir de vous rappeler les horreurs de la guerre, que ne peuvent cacher les beaux uniformes, comme ces jeunes hommes éventrés qui avancent en se tenant les tripes, ou ayant les bras arrachés…

    Une des tactiques classiques notables employées par les deux camps est l’abordage des vaisseaux en forant un trou dans leur flanc et en déversant des troupes de choc par un tuyau.
    Chaque camp possède ce genre de combattants en armure intégrale qui se combattent à grands coups de hache à double tranchant !
    Cette sauvagerie des combats est très étonnante dans une ère où les combats sont plutôt livrés à distance et aucun détail n’est épargné, les haches et/ou les armures semblant décupler les forces des guerriers.

    LOTGH n’est pas une série à proprement parler gore mais un ou deux épisodes de ce genre ont le mérite de rappeler que la guerre est une saloperie qui tue et estropie en masse.


    "I will survive!"

    Influencé par Star wars…seulement en apparence

    Cette série emprunte beaucoup à Star wars, ne serait ce que les destroyers stellaires et la bataille entre l’empire et l’alliance des planètes démocratiques.

    Les uniformes de l’empire sont noirs et élégants, rappelant un peu ceux des moffs. Les pilotes portent des masques à gaz intégraux comme ceux des Tie fighters.

    Du côté de l’alliance, les pilotes sont vêtus d’orange et de casques blancs…
    Ceci dit, la comparaison entre les deux univers s’arrête heureusement à ces apparences extérieures.


    Yang Wen Li, un des personnages les plus charismatiques et attachants que j'ai vus.

    Nous sommes au 36ème siècle, dans la voie lactée. Depuis des dizaines de siècles, l’humanité a abandonné la terre, devenue un cloaque peuplé de seulement 10 millions d’habitants et éloignée de toutes les routes commerciales et d’échanges pour essaimer dans les étoiles.

    Un peu plus récemment, l’alliance démocratique a choisi un chef aux pouvoirs étendus pour ramener l’ordre dans une société en pleine déliquescence, un militaire du nom de Rudolf von Goldenbaum.
    Malheureusement, celui-ci a  abusé de ses pouvoirs et a réprimé toute contestation, s’intronisant premier empereur de la galaxie.
    Cherchant à atteindre un idéal de pureté racial, il a fait éliminer des centaines de millions de gens qui ne se conformaient pas à son standard (blanc et d’ascendance allemande, en bonne santé) et s’est révélé bien pire qu’Hitler, Mao, Pol Pot et Staline réunis.
    Cette politique provoque sa chute, car très peu de gens sont à l’abri de ses lubies.


    Paul von Oberstein, l'éminence grise de l'empire, ne s'embarrasse ni de politesses, ni de scrupules

    En effet, une partie des sujets de l’empereur va fuir aux confins de la galaxie, pour créer un ensemble démocratique.
    Une succession de souverains, chacun avec des caractères très différents, va lui succéder au fil des siècles

    Il y’a plus de 130 ans, l’expansion de l’empire les a conduit à retrouver les descendants  de ceux qui l’ont fui et provoqué une « guerre éternelle » idéologique, l’empire n’admettant pas que l’humanité ne soit pas unifiée sous sa bannière et la république luttant pour sa survie.


    Adrian Rubinsky joue sur tous les tableaux en même temps.


    Au milieu des belligérants, au centre de l’univers, Phezzan est une planète neutre de commerçants qui tire grand profit de sa situation géographique. Le corridor auquel elle donne son nom est en effet le seul lieu de passage entre le territoire de l’alliance et celui de l’empire.
    Son dirigeant, Adrian Rubinsky, est un homme ambitieux qui complote à la fois contre l’empire et contre l’alliance, afin de se tailler une place confortable parmi les plus grands décisionnaires de la galaxie.

    Il a noué une alliance secrète avec une secte de fanatiques, les Terraïstes. Ceux-ci sont les derniers religieux de l’univers (si on excepte les officiers de l’empire, qui ont un culte d’Odin assez peu développé, semblant seulement un bel écrin romantique à leurs exploits guerriers).
    Leur but est de remettre la Terre au centre des échanges inter planètes et d’en faire la planète capitale de l’univers.
    Ils sont prêts à tout, lavage de cerveau, attentats terroristes, empoisonnements de sources, assassinats ciblés, pour parvenir à leurs fins.


    Une série où on boit énormément de thé! :p

    Vu comme ça, vous vous dites que c’est manichéen et que l’empire, c’est le 3ème Reich dans l’espace, comme celui de Star wars ? Eh bien non.

    Les descendants de Rudolf sont des empereurs assez pépères et bienveillants dans l’ensemble,  même si ils en sont déconnectés du peuple et que leur bien-être personnel et celui de leur cour est l’essentiel de leurs aspirations.
    La guerre est lointaine et ne les touche pas.
    Si on devait comparer l’empire des Goldenbaum à quelque chose, ils feraient plus penser à la cour de François Joseph d’Autriche, avec une touche de nos nobles d’ancien régime pour la mentalité des sangs bleus.


    Quand je vous dis que Yang est quelqu'un de bien!

    La république est quand à elle gangrenée par la corruption et la nullité de ses dirigeants, qui ont perdu de vue il y’a longtemps les préceptes de leurs fondateur, Heinessen.
    L’un des hommes politiques en place les plus en vue et les plus représentatifs du système est Job Trunicht, le ministre de la défense, un véritable serpent, prêt à tout pour accroître son pouvoir personnel et sans aucun idéal.


    Job Trunicht peut vous faire avaler toutes les couleuvres qu'il veut.

    C’est dans ce contexte très sombre que nous suivons l’ascension de deux personnages, qui vont, chacun de leur côté, gravir tous les échelons à une vitesse fulgurante, Reinhard von Lohengramm et Yang Wen Li.

    Deux héros aux antipodes l’un de l’autre

    Reinhard von Lohengramm est le protagoniste de la série. D’ailleurs tous les openings lui sont consacrés, à lui et ses alliés.
    Venant d’une famille de petite noblesse, sa vie est bouleversée lorsque sa grande sœur est appelée à la cour pour devenir la maitresse de l’empereur, sans possibilité de décliner l’invitation, bien sûr.

    Il va dès lors décider de s’engager dans l’armée, seule capable de lui permettre une ascension sociale par le mérite, afin de sauver sa sœur des griffes du système.
    En se distinguant à la guerre et par plusieurs coups audacieux, il provoquera une révolution dans l’empire, visant à mettre à bas sa noblesse accrochée à ses privilèges et la remplacer par un système plus méritocratique, façon Napoléon 1er.

    Son ambition, son charisme et sa compétence préfigurent les Light Yagami de Death note et surtout Lelouch Lamperouge de Code Geass, dont il me parait difficile de nier la filiation avec Reinhard.


    Reinhard, un personnage subtil et charismatique.

    Du côté de la république, Yang Wen Li est le deutéragoniste de l’histoire. Les endings de la série lui sont tous dédiés, à lui et ses alliés.
    C’est un jeune lieutenant qui voulait étudier l’Histoire militaire pour devenir professeur.
    La mort de ses parents, qui le laissent sans un sou, le fait s’engager dans l’Armée à son corps défendant.
    Yang est un personnage très différent de Reinhard : Tout au long de la série, il va chercher à quitter l’institution et à rejoindre la vie civile.
    C’est le fait qu’il devienne le tuteur du jeune Julian Minci, qui le conduit à rester dans l’armée pour gagner l’argent pour subvenir aux besoins de celui-ci.

    Son exceptionnelle capacité stratégique et tactique, ainsi que sa capacité à être toujours l’homme de la situation fait qu’il va être transformé en héros par les politiciens qui ont besoin d’un symbole.
    Extrêmement démocrate et respectueux de la démocratie, il refusera jusqu’au bout de profiter de sa popularité naissante afin de consolider son influence.


    Quand votre vaisseau est en train de sombrer, saluez l'empereur d'un toast à la gloire de la république!

    Yang est selon moi l’un des meilleurs héros d’anime jamais crées, car il est très réaliste et très humain. J’aime beaucoup son sens du devoir, son amour de la boisson et sa nonchalance naturelle : il n’a clairement rien du surhomme vanté par la propagande de l’alliance mais c’est un personnage droit et loyal, avec un grand sens de l’humour.

    Toute la dualité de l’être humain

    Autour de ces personnages gravitent des centaines d’autres aux aspirations et aux caractères aussi divers que dans la vie réelle.

    Une chose fascinante avec l’auteur est sa capacité à créer des personnages très humains, avec chacun une part d’ombre et de lumière.
    Pour vous dire, il n’y a qu’un seul personnage dans toute la série, qui soit vraiment inhumain et monstrueux de cynisme et de non respect de la vie, l’archevêque terraïste De Villiers (oui, comme Gérard, pas comme Philippe).
    C’est bien simple : il ne croit en rien.

    Même un personnage comme Rudolf von Goldenbaum, le tyran génocidaire, est montré comme peu à peu corrompu par le pouvoir, passant peu à peu d’officier talentueux à monstre sanguinaire.  


    La belle Katerose von Kreutzer taquine le fils adoptif de Yang, Julian Minci. De manière générale, l'ambiance au sein de l'alliance est très peu formelle, au contraire de l'empire.

    Il est difficile d’évoquer la richesse de la galerie  de personnages tous plus épiques les uns que les autres que l’on rencontre dans cette série, mais on peut citer Oskar Von Reuenthal, fier noble de haute extraction renié par son père et qui se punit en permanence d’exister, son ami Mittermeyer, homme du peuple audacieux qui devient un des plus grands généraux de l’empire ou encore le sinistre Paul Oberstein, personnage froid et calculateur tout dévoué aux basses œuvres de son protégé Reinhardt von Lohengramm.

    Du côté de l’alliance, Frederika Greenhill, l’aide de camp de Yang Wen Li, qui raccorde ce rêveur à la réalité, le général Schenkopf, plus grand guerrier de l’univers, qui a rejoint l’alliance à la tête de ses commandos d’élite Rosenritter, le dragueur et jovial pilote Olivivier Poplan…Et j’oublie l’amiral Merkatz, vieux sage aux principes d’une droiture totale dont le seiyuu est le regretté Naya Goro, l' inspecteur Zenigata  de Lupin, mort il y’a quelques mois, dans son meilleur rôle.


    Walther von Schenkopf, le guerrier dragueur, a la mort la plus épique de la série.



    Chaque personnage, ou presque, est empli de noblesse et de sens du devoir et chacun des camps, empire et alliance, va devenir aussi vertueux l’un que l’autre, amenant une magnifique réflexion sur la démocratie :


    Entre un empire où tout va bien, régi par le plus vertueux des souverains, et une démocratie corrompue, dont les dirigeants trahissent les citoyens, quel est le meilleur système ?
    Les idées de Reinhardt von Lohengramm et Yang wen Li achoppent sur ce point pour le plus grand plaisir du cerveau du spectateur, qui assistera également à la naissance d’un système démocratique, avec son propre hymne en anglais !


    Liberty stands for freedom Oh hail the flag that set us free standing righteous symbolic of strength our hopes for freedom to be. My friends reunite hand in hand Oh hail! Liberty bell! True freedom for all men.




    Précurseur de Death note et Code Geass



    La légende des héros de la galaxie est un anime très lent à se mettre en place, car il embrasse au maximum tous les aspects du conflit, approvisionnement des troupes, économie, disettes qui résultent de la guerre, pillages....
    Pas de plan miraculeux et de sauvetage de dernière minute comme dans Death note ou Code Geass ici. Les stratégies sont ultra réalistes et ne laissent que peu de choses au hasard.

    Nos deux héros ressemblent à des joueurs d’échecs, avec un protagoniste passionné par la guerre, privilégiant l’attaque, et un deutéragoniste patient et observateur, jouant beaucoup de sa réputation de « magicien » qui fait toujours envisager le pire à ses ennemis. Il profite de cette hésitation pour emporter la victoire.


    Un peu comme les troupes de choc de l’alliance, les Rosenritter menés par le général Schenkopf, unité si mythique par ses prouesses militaires que les gens fuient en entendant son nom !


    Un anime aux dimensions mythiques

    LOTGH ne peut que plaire à toute personne recherchant un space opéra complet et riche, réaliste (pas d’extra-terrestres, de jedi aux pouvoirs « magiques ») et à la bande-son…classique ! En effet, toutes les musiques sont des airs connus de musique classique, ce qui donne une identité musicale unique à la série.

    Une chose extraordinaire également est la présence quasi omniprésente du narrateur, qui évoque régulièrement la postérité dans le futur de tel ou tel évènement auquel nous assistons et les points de vue des historiens du futur.
    L’Histoire est également évoquée en permanence par les protagonistes, que ce soit pour définir leurs stratégies ou pour imaginer ce que leurs descendants retiendront d’eux.
    On a vraiment l’impression d’être en train de regarder des archives d’une époque qui n’a pas encore eu lieu !

    Si vous aimez les affrontements mémorables et les morts héroïques qui marquent, vous allez vous régaler.
    L’échelle des combats est juste délirante, je n’ai personnellement jamais vu des affrontements de cet ordre de grandeur (vous me direz, il y’a bien la forme finale du Gurren Lagann, certes…)


    Le Brunhilde, vaisseau amiral de Reinhard.

    Petit bémol qui peut en faire fuir certains : c'est très bavard et assez lent au démarrage, mais une fois appréhendé la qualité de l'ensemble et une fois qu'on s'est attaché aux personnages récurrents, je ne vous dis que ça.

    Malgré son âge, c’est un des rares anime qui humilie une bonne partie de la production actuelle par l’ambition de son propos, le nombre faramineux de ses seiyuus de talent (notamment le premier rôle d’envergure de celui qui deviendra entre autres la voix mémorable de Charles Li Brittania, l’empereur de Code Geass, Wakamoto Norio) et la qualité technique qui s’en dégage, des années après.

    La série est malheureusement inédite en VF, à l’exception d’un des trois films, qui fut projeté dans diverses salles françaises à la fin des années 90 et édité en DVD.
    Il me reste encore à voir les OAV et les films si je le peux un jour.

    Ma note pour la série principale de 110 épisodes : 19/20.
    La quasi perfection !




    Bordel, si avec ça je fais pas revenir Julie...
    avatar
    Moira
    Citoyen

    Féminin Taureau Messages : 484
    Date d'inscription : 11/07/2011
    Age : 32

    Re: La légende des héros de la galaxie – Un des anime les plus complets jamais crées

    Message par Moira le Sam 8 Fév - 10:38

    C'est vraiment pas du tout mon genre de série, mais j'imagine qu'avec un article de cette qualité et qui vante aussi bien les aspects marquants de cette série, tu vas en convaincre certain(e)s de tenter. :3

      La date/heure actuelle est Jeu 19 Oct - 11:01