Des satellites artificiels abandonnés aux
fusées d’appoint des navettes spatiales en passant par du matériel de
construction interstellaire à la dérive, de nombreux objets flottent
autour de notre planète, polluant ainsi l’espace terrestre.
Ces détritus de l’espace représentent une menace permanente pour tout engin se trouvant en orbite.

En 2075, la question du traitement de ces déchets de l’espace est devenue un problème d’envergure planétaire.


2068. Première catastrophe qui coûtera la vie aux passagers d'une navette.

Voici ce qu’on peut entendre/lire au début des premiers épisodes de
cette série qui se consacre … aux éboueurs. Un choix étonnant sur
plusieurs points. Déjà il ne viendrait pas à l’esprit du premier venu
de faire une série entière de 26 épisodes sur une profession peu enviée,
fut-elle décrite dans sa version du futur. Ensuite ces géniteurs ont
pris le parti du réalisme, ce qu’on appelle « l’anticipation » en
science-fiction. Chose plutôt rare en animation japonaise et qu’on est
plus habitué à voir dans des films et séries américaines.

Données générales
Genre : Espace et science fiction
Nombre d'épisodes : 26
Réalisé par : Taniguchi Goro
Année de production : 2003
Studio : Sunrise, Bandai visual
Licencié en france par : Beez ( 6 DVD )
Manga : 4 tomes (terminé)
Auteur : Yukimura Makoto
Genre : Seinen
Editeur du manga : - France : Panini comics; -Japon : Kodansha

(Merci Hyjoo)



Cette fois pas de héros, pas de magie, pas de robot géant ou de tenue
improbable (les scaphandres font plus penser à Tintin sur la lunequ'aux
idées hytec habituelles ). L’anticipation a pour tâche (difficile) de
créer un monde qui serait, dans la mesure du possible, une image fidèle
du notre dans le futur. Politique, problématiques environnementales,
dérives sociales et surtout applications scientifiques sont traitées
avec rigueur. On se retrouve donc avec une série extrêmement documentée
grâce, entre autre, à l’aide de la NASA (excusez du peu…).

Mais ce n’est pas tout, Planet ES, qui est l’adaptation animée –et
quelque peu transformée- du manga de Yukimura Makoto est, en toute
modestie, une excellente série. Les propos scientifiques tenus sont non
seulement rigoureusement corrects mais en plus le travail en terme de
charadesign, animation et dessin en général n’a pas à rougir de sa
prestation. Sunrise et Bandai Visual ont fait du bon boulot. Je n’ai vu
pratiquement aucune série aussi bien réalisée depuis sa création en
2003. Je dis cela en prenant en compte les différents paramètres de la
création : Dessin, documentation, musique… Par exemple Serei no Moribito (à voir absolument aussi) ne craint pas la comparaison technique mais Planet ES l’emporte grâce à sa doc.

A mon sens je ne vois que Ghost Hound (véritable bijou déjà chroniqué ici) pour rivaliser avec.

Mais je m’emballe. Revenons à l’histoire

Aï Tanabe, 20 ans,

se retrouve dans l’espace avec quelques amies. La raison : Elles
viennent faire leur stage d’apprentissage spatial dans les différents
secteurs de la société Technora, sur la grande station Seven. Si la
plupart sont ravies de leurs posts, Tanabe, elle, déchante un peu en
voyant la bande de gus avec qui elle va devoir travailler à… :

LA SECTION DEBRIS
.

Surnommée la demi-section par l’ensemble des autres travailleurs, cette
dernière est composée de la fine équipe des éboueurs de l’Espace !

L’équipe est dirigée d’une main de non-maître par un directeur
grassouillet et proche de la retraite qui ne pense qu’à deux choses :
Manger et ne pas perdre ses avantages si près du but. Philip Myers est
secondé par Arvind Lavy qui aime se faire passer pour le premier, passe
tout son temps à répéter des numéros de cirque et de prestidigitation
tout en craignant de perdre sa place également : Il a 7 enfants à
nourrir sur terre.


L’administration se complète avec Hildegarde Rivera, leur secrétaire
froide et mutique qui jette un regard désapprobateur sur toutes les
frasques de l’équipe.

"Bande de blaireaux"

Les membres travailleurs, ceux qui sortent dans l’espace, ne sont pas beaucoup plus brillants à première vue :

Le capitaine du Toybox (le vaisseau de la team) , Fee Carmichael, passe
tout son temps enfermée dans un scaphandre modifié pour fumer ses
cigarettes sans alerter l’alarme anti-incendie de la station. Gare à
celui qui l’empêcherait de fumer, la colère n’est pas un vain mot chez
cette femme de poigne. Au passage il me semble qu'en français (brrr)
elle est doublée par... le commandant Sheppard

Son second, Yuri Mikhailokov, est un grand type qui n’ouvre que très
rarement la bouche et passe son temps à s’occuper des animaux des autres
employés de la station. Comme d’autres il cache un passé difficile qui
ressurgira et le changera profondément.

Fee et Yuri, les deux pilotes du Toybox

Et, enfin Hachimaki Hoshino –alias l’Homme-couche- , qui est chargé,
avec Yuri, des sorties en scaphandre. Hachi sera le senpaï de Tanabe.
Malheureusement pour elle il a un tempérament absolument imbuvable.
Nerveux, râleur, il la traitera longtemps de bleusaille ne se dévoilant
que petit à petit. Son rêve est d’obtenir son propre vaisseau ce qui
fait de lui la risée des employés de la Technora.

"Pfff, t'es qu'une bleusaille"

Autour de ce petit monde évoluera de nouveaux personnages secondaires
avec leurs propres histoires, envies et désillusions. Car tout le monde
dans la série à un passé pris en compte et une personnalité qui
évoluera. Parfois avec le sourire, parfois dans les larmes. Tous iront
au bout de leurs convictions même si cela veut dire provoquer des
drames…
La psychologie et l’évolution des personnages sont à mettre au tableau d’honneur de la série sans aucun doute.

Du manga à l’anime

L’adaptation en anime n’est pas un simple portage d’un média à un autre.
L’histoire a été retravaillée pour faire de Tanabe le personnage
principal (ce qui n’est bien entendu pas innocent) même si souvent elle
ne tient pas le premier rôle et le partage avec son entourage. Dans
Planet ES, comme dans toute série, il existe des personnages
dispensables qui ne font que du remplissage. Mais ceux-ci sont rares
dans le cas présent.

La restructuration de la série a également modifié certains évènements
et leur chronologie dans le but de donner un rythme particulier à
l’histoire :

Evolution

On peut considérer que la série est divisée en deux parties plus ou
moins égales. La première est dédiée à la découverte des personnages
principaux et de l’univers de l’histoire par Tanabe. C’est aussi dans
cette partie qu’on en apprendra plus sur les protagonistes. On peut
considérer que ces épisodes sont construits sur un mode « slice-of-life »
bien connu des animes nippons : Des tranches de vie par épisode mais
qui se suivent chronologiquement et ont d’éventuelles répercussions sur
la suite de l’histoire.

La seconde partie de la série se dote d’un suspens plus présent avec
l’apparition du Projet Jupiter qui aura des répercussions sur la vie de
tous les personnages. Cette deuxième moitié est plus prenante, plus
triste aussi. On s’étonne même de la tournure pessimiste et mortelle
que prennent les évènement jusqu’à une Fin relativement émouvante qui
laisse un goût de trop peu mais qui n’aurait pas pu être meilleure, je
trouve.


Il me reste à vous parler de l’OST.


Les musiques sont avant tout discrètes et peu présentes. Un parti pris
idéal qui permet de sortir du chapeau de belles musiques calmes et
touchantes dans les moments clés. Ca vous tirerait presque une larme…

L’ending (Wonderful Life) pêche un peu par sa simplicité cependant : http://www.youtube.com/watch?v=II-KP74HEL8 Il n’en est pas moins bon. Juste… « classique ».

L’opening (Dive in the Sky) est délicieux et entraînant par contre. Du genre de ceux que je ne zappe pas après une dizaine d’épisodes : http://www.youtube.com/watch?v=XRM585MVvyA


Petite précision pour finir : Le doublage français est malheureusement
décevant (je n’en ai pas vu de faramineux depuis GITS d’ailleurs), la
palme de la pire voix allant… à Tanabe sensée être le protagoniste
central –plutôt que principal-. Préférez la version originale
sous-titrée si vous ne voulez pas fuir, les nerfs en pelote.


Planet ES ne se dote pas de grand méchant charismatique (mais les
dangers n’en sont pas moins présent, entre autre par la présence d'un
groupe terroriste qui fera plus d'une victime…) ou d’évènement
hyper-speedé-de-la-mort-qui-tue. C’est avant tout une aventure humaine
qui se déroule dans un futur proche qui pourrait bien être le nôtre :
La conquête spatiale s’est développée au détriment des pays pauvres,
agrandissant plus que jamais le fossé entre les Hommes. Un peu de
couleurs dans un paysage noir, au propre comme au figuré.