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    [Politique fiction] La chute de l'Euro amène le chaos dans les pays européens

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    Giromu
    Captain America

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    Date d'inscription : 10/07/2011

    [Politique fiction] La chute de l'Euro amène le chaos dans les pays européens

    Message par Giromu le Jeu 24 Nov - 20:29

    Jeu d'anticipation : un historien britannique sème le trouble...





    Les
    troupes allemandes prennent d’assaut la Grèce. Les chars de Poutine
    écrasent la Lettonie. La France humilie l’armée britannique. Peu
    probable, oui....Mais, si l'on s'en tient aux propos d'Angela Merkel, la
    déconfiture de l’euro pourrait mettre la paix en danger. L’imagination
    d’un historien britannique sème le trouble…


    Nous sommes le 29 octobre 2018
    et la Grande-Bretagne fait face à ses plus sombres heures. Sur les
    champs de bataille d’Europe, nos forces armées ont été humiliées.


    Dans
    les camps d’emprisonnement improvisés sur le continent, des milliers de
    nos jeunes hommes et femmes sont assis tristement, témoins de
    l’effondrement de nos ambitions.


    Des terrains de tuerie de Belgique
    jusqu’aux rues éventrées d’Athènes, un continent continue de saigner.
    Et, à l’est, l’ours russe resserre inexorablement sa prise, un ancien
    empire émergeant du naufrage du rêve européen.

    Hier, à la suite d’un chapelet de
    défaites militaires encore jamais égalées dans notre histoire, le
    Premier Ministre a remis sa démission. On parle d’un Gouvernement
    national mais personne n’illusionne un nouveau Churchill attendant dans
    les coulisses.

    Dans les rues des banlieues dans toute
    la Grande-Bretagne, les vieux comme les béjaunes creusent dans l’air
    froid de l’automne des positions défensives. Mais avec un équipement
    insuffisant et des munitions inexistantes, la Home Guard durerait difficilement une semaine.





    Et
    sans cesse, de l’autre côté du Channel, les forces ennemies font leurs
    derniers préparatifs pour l’inévitable invasion. D’aucuns parlent de
    reddition ; personne n’évoque la victoire. Moins de dix années en
    arrière, des millions croyaient encore en une Europe de paix et d’unité.
    Comment en est-on arrivé jusque là ?


    Lorsque
    les futurs historiens se pencheront sur notre humiliation, ils
    détermineront certainement le moment-charnière comme étant la dernière
    semaine d’octobre 2011.


    Largement
    oublié aujourd’hui, l’événement majeur en était encore un interminable
    sommet européen à Bruxelles, la quatorzième tentative pour "sauver
    l’euro" en seulement 20 mois.


    En
    espérant assurer le soutien allemand d’un plan de secours massif de
    1000 milliard d’euros, la Chancelière Angela Merkel offrit à ses
    parlementaires un avertissement effrayamment prescient.


    "Donc, je le redis : si l’euro s’effondre, l’Europe s’effondre. Cela ne peut arriver."

    A l’époque, de nombreux observateurs fanfaronnaient qu’elle était mélodramatique ad absurdum. Mais, sept ans plus tard, personne ne rit.

    Ce
    que madame Merkel avait saisi, et que beaucoup de dirigeants européens
    refusent de reconnaître, était que le Continent était menacé par une
    combinaison toxique de spirale déficitaire, une récession économique, un
    anarchisme montant et une insinuante chute de confiance en le
    capitalisme en soi.


    Cette
    semaine-là, même la cathédrale Saint-Paul à Londres, dont la survie fut
    un symbole mémorable de la défiance britannique durant la dernière
    guerre européenne, fut abattue par les protestataires anticapitalistes.


    A
    ce moment, cela semblait être un incident insignifiant et même trivial.
    Mais ce n’était qu’un avant-goût de ce qui allait advenir.


    Aux
    environs de février 2012, il était terriblement clair que le dernier
    plan de la zone euro fût un échec. En Grèce, les protestations contre
    les mesures d’austérité du gouvernement s’étaient muées en batailles
    acharnées quotidiennes, alors que la majeure partie de l’Europe
    occidentale avait sombré à nouveau dans la récession.


    Un
    mois plus tard, après qu’une foule en colère eût envahi le parlement
    grec, la Grèce annonça qu’elle se retirait de l’euro. En une nuit
    presque, les marchés européens furent touchés les pertes les plus
    grandes de toute l’histoire de la finance.


    Comme
    la loi et l’ordre s’anéantit dans les rues d’Athènes, la France et
    l’Allemagne y envoya 5000 "gardiens de la paix" afin de restaurer le
    calme. Mais, lorsqu’ils subirent l’attaque de manifestants qui lançaient
    des cocktails Molotov, il était clair qu’une action plus drastique dût
    être envisagée.


    Simultanément, l’effondrement grec projetait des ondes de choc à travers l’Europe.

    Avec
    les marchés portant leur attention sur l’Italie, et le gouvernement
    assiégé de Silvio Berlusconi se battant pour maintenir l’ordre, la
    cinquième plus importante économie d’Europe fut soudainement en danger.


    A
    l’été 2012, de massives manifestations anticapitalistes dans les villes
    italiennes majeures se transformèrent en révolte pure et simple. Et,
    quand Berlusconi y envoya l’armée pour assurer le maintien de l’ordre,
    les premières bombes explosèrent dans les banques de Rome, Milan et
    Turin.


    L’imagination
    d’une génération fut captivée par l’anticapitalisme. Et l’alerte à la
    bombe à la Banque d’Angleterre, lorsque toute la City dut être évacuée à
    la suite d’admonestations émanant du "Collectif Anti-Rigueur Guy
    Fawkes", fut seulement la première d’une longue série.


    En
    juillet 2012, trois personnes furent tuées par une bombe dans une
    banque à Francfort. Un mois plus tard, 15 personnes furent tuées à
    Dublin. Et, en septembre, dans des circonstances tragiques qui resteront
    à jamais dans les mémoires, 36 personnes furent tuées dans des
    explosions dans toute la City de Londres.


    A
    cette heure-ci, les manifestations et les émeutes étaient en permanence
    aux nouvelles du soir. Et, comme l’Allemagne et la France se battaient
    pour garder en vie la zone euro, les premiers signes d’un nouvel
    autoritarisme perturbant firent leur apparition.


    En
    Italie, où le gouvernement Berlusconi avait déclaré l’état d’urgence
    permanent, certaines villes avaient sombré dans la guerre civile
    virtuelle.


    Et
    lorsque Berlusconi requit formellement l’aide de ses partenaires
    européens, le président français Nicolas Sarkozy, qui fut réélu de peu
    plus tôt cette année-là, fut trop pressé pour faire jouer ses muscles.


    A
    la fin de l’année 2012, le nombre des troupes françaises dans les rues
    d’Italie du Nord était estimé à 15000, ainsi que 14000 autres "gardiens
    de la paix européens" à Athènes et en Thessalonique. Doucement mais
    sûrement, le continent glissait vers la confrontation armée.


    A l’aune de l’année suivante, une issue paisible à l’implosion de l’Union Européenne semblait de plus en plus improbable.

    Le
    dernier grand sommet à Bruxelles en mars 2013, tourna au vinaigre,
    lorsque de nombreuses nations européennes plus petites refusèrent les
    exigences de l’Allemagne pour une austérité fiscale et une intégration
    économique plus importantes. Avec une vitesse alarmante, les trames
    d’une unité paisible s’effilaient.


    Avec
    l’économie européenne se dirigeant vers la dépression, les mouvements
    nationalistes gagnaient du terrain à travers le continent. Les skinheads
    étaient en marche ; dans les cités de Madrid à Budapest, les étrangers
    et les immigrés furent les victimes de violentes agressions.


    A
    un autre moment, les terribles émeutes espagnoles du printemps 2014,
    durant lesquelles 63 personnes furent tuées dans une choquante vague
    d’incendies et de pillage, auraient monopolisé les gros titres.


    Toutefois,
    l’attention de beaucoup se portait plus à l’Est. Aucun pays pays
    n’avait été plus durement heurté par la crise financière que la petite
    Lettonie, qui, en 2014, enregistrait un taux de chômage de plus de 35%.
    Et, avec près d’un tiers des citoyens d’origine russe, la frustration
    économique tourna vite en confrontation nationaliste.


    Le
    12 août 2015, après des jours de combats dans les rues de Riga, l’armée
    russe passa massivement la frontière. Vladimir Poutine assura au monde
    que les Russes étaient venus pour "restaurer l’ordre".


    Mais son discours au peuple russe narra une histoire différente.

    "La crise européenne est la chance de la Russe,"annonça Poutine. "Les jours d’humiliation sont finis ; notre empire va renaître."

    Autrefois,
    l’Ouest serait venu en aide à la Lettonie. C’était, après tout, un
    membre à la fois de l’Union Européenne et de l’OTAN, quoique le nouvel
    isolationnisme américain définît l’adhésion à l’OTAN comme sans valeur
    réelle.


    Cependant, depuis que les troupes françaises furent projetées en Grèce et en Italie, Paris refusa d’intervenir.

    Et
    à Londres, le nouveau Premier Ministre, Ed Miliband, assurait à la
    nation qu’il n’enverrait jamais de troupes britanniques pour assister "un pays lointain dont on ne connait rien."


    A
    Moscou, le message était clair. Six mois plus tard les "gardiens de la
    paix" russes passèrent la frontière de l’Estonie, et en mars 2016,
    l’armée de Poutine occupait la Lituanie, la Biélorussie et la Moldavie.


    Quand
    Bruxelles se plaignit, le Kremlin fit remarquer que les gardiens de la
    paix européens étaient déjà dans les rues d’Athènes, Rome et Madrid.
    Pourquoi, demanda Poutine, les règles devraient-elles être différentes à
    l’Est ?


    Et,
    en effet, il marquait un point. Même à Paris, un glissement vers une
    répression sans pitié de l’insurrection civile, présentée comme une
    mesure provisoire visant à mater la montée du terrorisme
    anticapitaliste.


    Cet
    été là, Sarkozy amenda la Constitution française afin qu’il pût briguer
    un troisième mandat, en arguant que la stabilité comptait davantage que
    les gentillesses législatives. Maintenant plus que jamais, il semblait
    se prendre pour la réincarnation de Napoléon Bonaparte, en nichant
    ostensiblement sa main dans son grand manteau de style militaire.


    De retour en octobre 2011, il avait dit à David Cameron de "la fermer", clamant que l’Europe en avait "eu assez" des conseils des Britanniques. Dorénavant, il semblait verser dans l’anglophobie pure et simple.

    Sarkozy dit à la télévision française en août 2016 que la crise avait été "engendrée à Londres."

    Pour
    certains journaux britanniques, ces mots étaient la preuve d’une
    alliance tacite entre Moscou et Paris nourrie avec le pétrole et
    l’argent du gaz russes. Et, maintenant, les ambitions napoléoniennes
    semblaient avoir monté à la tête du président français.


    Cinq jours avant Noël 2016, Sarkozy annonça à une foule en liesse à Vichy que "tous les membres de l’Union Européenne doivent embrasser notre projet et rejoindre l’euro ou ils en paieront le prix."

    En
    Grande-Bretagne, ses allégations provoquèrent une tempête
    d’indignation. Beaucoup d’initiés indiquèrent que, laissé à lui-même, Ed
    Miliband, aurait plus qu’heureux de rejoindre l’euro.


    Cependant,
    à cet instant, le faible premier ministre était presque complètement
    dominé par son Chancelier outrecuidant, Ed Balls, qui insistait sur le
    fait que la Grande-Bretagne ne pourrait simplement se permettre de
    rejoindre une monnaie franco-allemande manifestement injuste.


    Comme
    la France accentua la pression, avec les agriculteurs français
    incendiant de manière rituelle les importations britanniques à la sortie
    des ports du Channel, Miliband craqua, se résignant et fuyant pour
    prendre un poste d’enseignant à Harvard.


    Dans
    une tentative désespérée de revigorer la popularité du Parti
    Travailliste, Ed Balls annonça qu’il ouvrait des discussions sur le
    retrait de la Grande-Bretagne de l’Union Européenne, même si la France
    et l’Allemagne insistaient sur le fait qu’ils feraient barrage à ce "piratage nationaliste hors-la-loi." Mais maintenant les événements du Channel prenaient une tournure sanglante et décisive.


    Pendant
    des années, la Belgique avait été paralysée par un antagonisme entre
    les Flamands néerlandophones et les Wallons francophones.


    Depuis
    l’été 2010, le pays n’avait même pas bénéficié d’un gouvernement
    propre, d’abord dirigé par une coalition intérimaire et, ensuite, à
    partir de 2014, par l’Union Européenne elle-même. Mais à l’été 2017 les
    affrontements inter-communautés dans le centre de Bruxelles devinrent
    terriblement brutaux.


    De
    Wallonie furent reçus des rapports de néerlandophones battus et
    intimidés hors de leurs domiciles. Le 1er août, Sarkozy envoya les
    parachutistes français.


    "Bruxelles est le cœur véritable de l’Europe," déclara-t-il, "ce qui veut dire que c’est une partie intégrante de la France."

    Pour
    la Grande-Bretagne, il s’agissait de l’ultime provocation. Tous les
    partis s’accordèrent sur le fait que, grâce à la promesse de longue date
    de la Grande-Bretagne de défendre l’indépendance belge, nous n’avions
    comme autre choix que d’envoyer des gardiens de la paix des nôtres.


    Les
    événements des quelques mois suivants font peine à lire. Même en 2011,
    la Grande-Bretagne ne disposait que de 101.000 soldats réguliers en
    comparaison des 123.000 de la France, mais les années de coupes sombres
    dans les dépenses avaient eu un impact négatif.


    En
    2017, les troupes terrestres de la Grande-Bretagne étaient réduites à
    seulement 75.000. Et, lorsque le combat éclata entre gardiens de la paix
    français et britanniques dans les environs de Gand, personne ne doutait
    sérieusement d’une victoire française.


    Ainsi,
    il en fut un an plus tard que nous nous trouvâmes à notre plus bas
    niveau. Assistée par des auxiliaires espagnols et italiens, galvanisée
    par les fonds allemands et soutenue par la Russie néo-impérialiste,
    l’armée française avait encerclé nos forces expéditionnaires sur l’autre
    bord du Channel et les avait réduites en lambeaux.


    Les
    Américains nous ont abandonnés, alors que chaque semaine apporte son
    lot d’émeutes anti-guerre et anticapitalistes dans nos villes. Les
    placards se vident progressivement ; le moral de la nation a touché le
    fond.


    En
    Ecosse, les sondages montrent que plus de 70% veulent l’indépendance ;
    en Irlande du Nord, les bombes de l’IRA Véritable explosent presque
    quotidiennement.


    La
    semaine dernière, s’adressant à une vaste foule dans Bruxelles occupée
    par les Français, Nicolas Sarkozy déclarait qu’il était "temps d’effacer la honte de Waterloo."


    "La Grande-Bretagne a toujours fait partie de l’Europe, même s’ils refusaient de le reconnaître," dit-il.

    "Il est temps de leur souhaiter la bienvenue dans notre famille, par la force, si nécessaire."

    Quelques
    résistants parlent de combattre jusqu’au bout. Mais personne ne croit
    sérieusement que la Grande-Bretagne peut tenir longtemps.


    Le
    drapeau national pend déchiré et triste ; nos jours glorieux se sont
    envolés. Et, à Bruxelles, nos nouveaux maîtres se préparent à la
    victoire.


    Même maintenant, le chamboulement dans nos destinées semble incroyable.

    Il y a sept ans, le propos d’Angela Merkel sur la menace à l’encontre de la paix semblait non plausible, même absurde.

    Quelle tragédie que de ne pas écouter lorsque nous en avons encore l’opportunité.



    Auteur : Dominic SANDBROOK

    Source : Daily Mail

    Traduction pour Theatrum Belli : Robert ENGELMANN
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    Ju
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    Re: [Politique fiction] La chute de l'Euro amène le chaos dans les pays européens

    Message par Ju le Jeu 24 Nov - 21:38

    Mouais.

    L'exercice est intéressant et imagé mais personnellement je trouve la situation actuelle du pays assez pourrave que pour aller imaginer en plus le pire derrière.
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    Giromu
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    Re: [Politique fiction] La chute de l'Euro amène le chaos dans les pays européens

    Message par Giromu le Jeu 24 Nov - 21:53

    Moi, j'adore Sarko en Napoléon IV! Razz
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    Re: [Politique fiction] La chute de l'Euro amène le chaos dans les pays européens

    Message par Ju le Jeu 24 Nov - 22:17

    Ca m'étonne pas de toi Laughing
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    Keitaro
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    Re: [Politique fiction] La chute de l'Euro amène le chaos dans les pays européens

    Message par Keitaro le Ven 25 Nov - 8:47

    Sympa à lire, mais un peu léger quand même, surtout sur les Américains Smile
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    Giromu
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    Re: [Politique fiction] La chute de l'Euro amène le chaos dans les pays européens

    Message par Giromu le Mar 6 Déc - 17:11

    Serait-ce la catastrophe annoncée si la France sortait de la Zone Euro ?






    Philippe Murer - Tribune | Mardi 29 Novembre 2011 à 15:01 | Lu 25475 fois





    La sortie de l’euro, qui paraissait impossible voici encore
    quelques mois, devient une hypothèse sérieuse à laquelle il convient de
    se préparer. Jacques Attali, par exemple, partisan inconditionnel de la
    monnaie unique, écrit que l'euro a une chance sur deux de disparaître
    avant Noël. La sortie de l'euro est présentée tous les jours comme une
    catastrophe allant de soi. Philippe Murer, professeur vacataire de
    Finance à la Sorbonne, président de l’association Manifeste pour un
    débat sur le Libre Echange, essaye d’examiner la question froidement, de
    façon technique.
















    (Dessin Louison)






    Imaginons que la France souhaite sortir de la Zone Euro et décide
    d’en sortir unilatéralement. Elle recrée donc des Francs. Pour la
    simplicité, la France retient la règle suivante : 1 nouveau Franc vaut 1
    Euro. Examinons s’il y aura une catastrophe ou si le scénario est
    maîtrisable ?











    Les décisions









    (Cliquez sur la fenêtre pour lire)


















    Les conséquences








    Monnaie
    L’Allemagne est le seul grand
    pays AAA à pouvoir soutenir la Zone Euro. Le risque d’éclatement de
    l’Euro est immense puisque l’Allemagne ne peut continuer à soutenir
    seule les pays en difficultés. D’autre part, la sortie de la France
    donne des idées à d’autres pays de la Zone Euro, notamment les pays du
    Sud de l’Europe. Aussi, l’Euro ne s’apprécie pas contre le Franc. Nous examinerons tout de même tous les cas.

    Financement de l’Etat
    Le Financement de l’Etat français se faisant maintenant à 0.25% auprès de la Banque de France, il n’y a plus de problèmes d’émission de dettes pour le Trésor Français.
    La règle d’or sur le déficit budgétaire permet aussi de rassurer les
    citoyens français et les investisseurs étrangers sur la volonté de la
    France de ne pas s’engager dans un cycle sans fin de « planche à
    billet ».

    Banques
    Pendant les
    vacances bancaires, on teste les banques. A cause notamment de ce
    changement de Monnaie, des banques sont en faillite virtuelle car elles
    ont perdu tous leurs fonds propres. L’Etat les nationalise à 0 Euros et les renfloue, prenant le contrôle d’une partie du système bancaire du pays. Comme
    l’Etat peut se financer à 0.25% auprès de la Banque de France, ceci est
    très facile. En échange de ce renflouement, l’Etat est riche de la
    valeur future de ces établissements bancaires repris pour presque rien.











    Cas 1 : La Zone Euro éclate








    L’Euro éclate car de nombreux pays du Sud imitent la France plutôt
    que de continuer dans le cercle dépressif d’austérité budgétaire…

    • Le Deutsche Mark, la Lire, la Pesetas etc. sont réintroduites
    • Le Deutsche Mark se réévalue de 25% par rapport au Franc à priori.
    • La Lire et la Pesetas se dévaluent de 25% par rapport au Franc à priori.








    (Cliquez sur la fenêtre pour lire)











    Cas 2 : La Zone Euro n’éclate pas














    • Peut-on critiquer la politique allemande et être germanophile?




    • A qui profite la Merkézie?




    • Les banques centrales retardent-elles l'issue de la crise?










    Cela paraît très improbable car l’Allemagne ne peut soutenir à elle seule les pays du Sud. Examinons quand même ce cas.

    L’Italie,
    l’Espagne continuent dans leurs très durs plans d’austérité budgétaires
    et les récessions s’installent dans ces pays. La Zone Euro rentre en
    récession profonde.

    Il est probable que le Franc reste stable par rapport à un Euro alors très fragile mais examinons deux possibilités réalistes.







    (Cliquez sur la fenêtre pour lire)











    Conclusion








    De nombreuses personnes considèrent que la sortie d’un pays de la Zone Euro est impossible car :

    • il faudrait négocier la sortie de l’euro avec tous les autres Etats.
    • ce serait un désastre pour les banques puis cela entraînerait des restrictions de crédits.
    • il y aurait beaucoup d’inflation.
    • les monnaies faibles entraîneraient une désagrégation du tissu social.
    ---> « il faudrait négocier la sortie de l’euro » ?
    Il est toujours possible de rompre un traité international de manière
    unilatéral. Pour ne pas se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de
    l’ensemble de la Zone Euro, le gouvernement français peut proposer à
    d’autres pays de la Zone Euro de sortir de l’Euro avec la France et
    surtout, expliquer sa sortie par le refus de faire payer aux populations
    des plans d’austérités budgétaires qui étouffent les plus faibles.

    ---> « Ce serait un désastre pour certaines banques » ?
    Le choix de les fermer une semaine permettra à l’Etat de recapitaliser
    le système bancaire à un niveau normal. Il n’y aura pas de restrictions
    de crédits. L’Etat devenant propriétaire de certaines banques aura une
    certaine influence sur le système du crédit.

    ---> « Il y aurait beaucoup d’inflation ».
    Il y aura de l’inflation pour des pays comme l’Espagne et l’Italie du
    fait de la forte dévaluation de leurs monnaies s’ils sortaient de
    l’euro. Cependant, l’Italie avait vu sa monnaie dévaluée de 30% en 1992
    par rapport au Deutsche Mark sans qu’un pic d’inflation important ne se
    déclenche. Pour la France, cette dévaluation serait certainement très
    raisonnable comme nous l’avons montré plus haut. L’inflation serait donc
    elle aussi raisonnable et l’adoption d’une règle d’or sur le budget
    ancrerait les anticipations d’inflations et de dévaluations sur des
    niveaux assez faibles.

    ---> « la désagrégation du tissu social qu’entraînerait des monnaies faibles » ? On
    est dans le pur fantasme. La Grèce voit son tissu social se désagréger
    avec les plans d’austérité adoptés, dans le but de tenir sa dette et de
    rester dans l’Euro. Dans une moindre mesure, il y a aussi une grande
    souffrance sociale au Portugal, en Irlande, en Espagne et en Italie. La
    désagrégation du tissu social que l’on voit actuellement vient de la
    nécessité de plans d’austérité pour rester dans l’euro, pas d’une sortie
    de l’Euro telle qu’on l’a envisagée.

    Nous l’avons montré dans
    ce document, la France si elle le souhaite pourrait techniquement,
    assez facilement réussir à revenir au Franc. Est-ce la solution que le
    pays souhaite prendre, nous ne nous permettons pas de juger de la
    pertinence politique de cette décision.

    Mais il n’y aurait pas
    de catastrophe et l’Europe pourrait continuer d’exister. L’expérience
    de l’Euro aurait été un échec mais cela ne condamnerait pas l’Europe. En
    revanche, si « l’Europe » continuait pour sauver l’Euro à demander
    pendant une longue période de temps des plans d’austérité très dures aux
    populations, le risque de rejet de l’Europe par les citoyens est sans
    conteste un danger majeur pour sa survie à terme.



    http://www.marianne2.fr/Serait-ce-la-catastrophe-annoncee-si-la-France-sortait-de-la-Zone-Euro_a213023.html

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