
Deux faux élèves modèles!
J'aime les belles histoires d'amour.
En revanche, j'ai un peu de mal avec pas mal de mangas shoujos,
notamment l'absence de décors et un style graphique qui me rebute
souvent. En dessin animé, ça passe mieux en ce qui me concerne.
Par exemple, Kaichou wa Maid sama et Lovely complex, j'ai beaucoup aimé, notamment les personnages.
Un opening superbe et très marquant, symptomatique de Gainax
http://www.youtube.com/watch?v=25H--2ZPpOA
Un ending qui change à chaque fois du point de vue graphique
http://www.youtube.com/watch?v=yTZoJ3v10Ac&feature=related
Là, c'est du Gainax, donc je me suis précipité sans peine, étant fan du studio.
Bien m'en a pris! J'avais rarement vu une histoire sentimentale aussi prenante et je dirais même exaltante dans son déroulement.
Il s'agit là du premier DA du studio réalisé après Neon Genesis
Evangelion (une de mes séries cultes) et il est très amusant de
constater qu'on retrouve quelques musiques employées pour cette
précédente série dans Kareshi kanojo no jijou (Karekano de son petit
nom).
De même, de procédés graphiques similaires à ceux des derniers épisodes
d'Eva, allant souvent très loin dans l'expérimentation (crayonnés,
narration sans voix des persos, marionnettes de papier, photographies et
j'en passe) sont visibles, apparemment pour les mêmes raisons de budget
non maîtrisé et même cette fois-ci de brouille avec l'auteur du manga
originel.
Sachez donc que cette série de 26 épisodes s'étiole vers la fin pour ces
raisons et emploie bien trop de résumés de l'intrigue. Pas besoin
d'enrager pour autant, Gainax étant coutumier des problèmes de
production. La fin de cette série s'achève donc aux alentours du tome 7
du manga, dont vous devrez poursuivre la lecture pour avoir une "vraie"
fin.

Tsubasa a énervé Yukino une fois de trop!
Mais ne partez pas! Il se dégage une vraie PUISSANCE de cette série, un
peu comme pour Abenobashi street market, qui fourmillait de références
otaques et d'énergie.
Dans Karekano, on a l'impression que les auteurs se sont employés à
imaginer la meilleure retranscription possible des sentiments des
personnages et je peux vous dire que de ce point de vue, j'ai rarement
été autant touché par une histoire.

Le vrai visage de notre héroïne!
Sachez donc qu'il s'agit d'une histoire d'amour entre deux élèves
surdoués, Souichiro Arima et Yukino Miyazawa, tous deux présentés comme
des élèves modèles, gentils, attentifs à leurs camarades, travailleurs
acharnés habitués aux sommets du classement et bons en sports.
Bien sûr, ce serait trop simple si ce n'était que ça et ça éclipserait
l'humour omniprésent de cette grande série, souvent fendarde.
En effet, Yukino est tout sauf une élève modèle: c'est une vaniteuse de
première qui court après l'admiration de ses camarades et est odieuse en
privé. Souichiro quand à lui, cache un lourd passé qui le pousse à
toujours donner le meilleur de lui-même.
Entre ces personnages dissemblables, l'amour va naître et se concrétiser
très vite, contrairement à de nombreuses autres séries pleines
d'hésitations.
Ceci est la première grande force de la série, qui est assez réaliste du
point de vue de l'évolution des sentiments et de la construction d'une
relation amoureuse de long terme.
C'est même une des rares séries dans lesquelles les héros passent à l'acte (Ciel!).

Une bande d'amis extrêmement vivante.
La deuxième énorme qualité de cette série, c'est la galerie très
attachante de seconds rôles très bien exploitée qui les entoure. On a
Tsubasa Shibahime, la petite princesse amoureuse d'Arima qui cache
derrière son apparence mignonne une personnalité agressive et presque
bestiale (on dirait un koala!), les deux soeurs bourrées d'énergie
communicative de Yukino, absolument poilantes, son père très gamin qui
cache aussi un passé difficile, Maho Izawa, une rivale de l'héroïne qui
en a marre d'être dans son ombre, la sportive Tsubaki Sakura, très
franche et directe mais parfois violente, Hideaki Asaba, le bourreau des
coeurs qui profite de la popularité d'Arima auprès de la gent féminine
afin de faire grossir son cheptel d'adoratrices...
Tous sont excessivement vivants et attachants. Certains ont des histoires très travaillées qui les rendent encore plus humains.
Troisième point fort, la réalisation. Vous vous souvenez des épisodes
très introspectifs d'Evangelion centrés autour de nos héros et de leur
superbe réalisation très originale? Ici, c'est aussi bon, voire mieux
par moments. Aquarelle, crayonnés, petit cadre, écran partagé en deux,
tout y passe pour faire passer la nostalgie et l'émotion. Les séquences
d'humour sont dans des tons pastels et emploient moults pastels, un vrai
bonheur.
Yukino est hilarante quand elle laisse émerger sa personnalité calculatrice et jalouse! XD
Complétez ceci avec la bande-son quasi parfaite de Shiro Sagitsu, qui
est LE point fort de l'anime. En état de grâce, il signe là sa bande-son
la plus émouvante et introspective, très dans les tons de la 3ème OST
de Neon Genesis Evangelion pour la composition mais en plus doux et
moins orchestral et inquiétant.
C'est simple: cette BO FAIT l'anime tant elle est pleine de grâce et
d'émotion. Rarement une musique d'anime ne m'avait autant pris à la
gorge.
Deux exemples musicaux :
http://www.youtube.com/watch?v=8BqqC-V0Dko&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=_U4ebhoIBac&feature=related
Bon, en résumé, si vous aimez les histoires d'amour réalistes simples et
touchantes, l'humour de bon aloi, les shoujos, Shiro Sagitsu ou Gainax,
voire tout cela à la fois, foncez!!!
N'attendez pas une qualité constante à chaque épisode, par contre, car
Kare kano, c'est un peu comme monter sur des montagnes russes qui
déraillent à la fin. A vous de comprendre que le jeu en vaut plus que la
chandelle.
C'est la crème du shoujo et un très grand Gainax, grand pourvoyeur de chefs d'oeuvre.
La série est disponible chez Dybex en DVD.

