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    [Manga] Les one-shots (ou presque) de Toriyama

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    Détrôa
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    [Manga] Les one-shots (ou presque) de Toriyama

    Message par Détrôa le Jeu 3 Nov - 19:15

    Bien connu pour être le papa du mythique Dragon Ball et du non moins génial Dr. Slump, Toriyama Akira est également responsable d'une belle quantité de one-shots publiés tout au long de sa carrière. Courts par essence et forts similaires dans le genre et le public visé, un seul article suffit à couvrir ceux traduits dans la belle langue de Molière (si ce n'est qu'elle a évolué depuis, ça serait saoulant des manga traduits en vieux français -__-).


    Commençons par un manga qui n'en est pas un:



    Toriyama Akira no HETAPPI Manga Kenkyuujo (L'Institut de Recherche sur le Manga HETAPPI d'Akira Toriyama) (1985)

    Rebaptisé "L'Apprenti Mangaka" dans nos contrées, cet espèce de "Le Manga pour les Nuls" d'avant l'heure est en fait une compilation des courts chapitres déjà parus en prépublication créés par Toriyama pour aider les mangaka en herbe tant du point de vue technique que pratique. Ainsi, à travers de petites histoires mettant généralement en scène le professeur Tori et son élève Hetappi uniquement, l'auteur explique les bases de l'utilisation de la trame, de l'encrage, du découpage de l'action ou bien encore prépare le futur mangaka à ne pas se faire pipi dessus à l'idée d'aller présenter son projet à un vil et sournois éditeur, le tout, bien entendu, recouvert d'une bonne quantité de gags façon Toriyama.

    L'ouvrage contient également une analyse des techniques et du style de Toriyama par un tiers, Sakuma Akira, ainsi qu'une série d'extraits commentés d'oeuvres réalisées par des mangaka amateurs créées selon les conseils dispensés lors de la prépublication des "leçons."

    L'utilité du bouquin en tant qu'ouvrage de référence est limitée mais la partie mettant en scène Hetappi et Tori est plutôt amusante est permet tout de même d'apprendre quelques trucs aux débutants d'un façon bien sympathique.


    Maintenant, passons aux vrais manga, avec trois tomes d'histoires courtes:



    Toriyama Akira Maru Saku Gekijou (Toriyama Akira - Théâtre de son oeuvre) (1978 - 1993)

    "Histoires Courtes" puisque Glénat le nomme ainsi, est un ensemble de one-shots de quelques chapitres, voire d'un seul, publiés pour la plupart avant que Toriyama ne se fasse un nom. On y découvre des choses comme ses premières histoires envoyées à un éditeur, son tout premier manga publié ou bien encore des oeuvres dessinées spécialement pour des évènements spéciaux du magazine de prépublication dans lequel oeuvrait le papa de Dragon Ball.

    Certaines des histoires présentées dans ces trois tomes ont connu leur petit succès, Pink et Ackman, par exemple, ont eu droit à des adaptations animées dans le cadre de festivals spécialisés, le second cité s'est aussi vu adapter plusieurs fois en jeux vidéo. Cependant, la plupart de ces one-shots datant des débuts de l'auteur, certains pêchent vraiment par le trait incertain, les situations mal maîtrisées et des histoires qui restent enfermées dans un schéma terriblement répétitif.

    Mais c'est aussi l'occasion de se rendre compte de certaines obsessions du mangaka qui concernent tant des choses vastes comme le folklore chinois et plus particulièrement le célèbre comte Xiyouji (Voyage vers l'Ouest, Saiyuki en japonais) mettant en scène le dieu-singe Sun Wukong (Son Gokuu en japonais) et son bâton magique (ça ne s'invente pas :p) qui inspirera non seulement plusieurs one-shots ici présents, d'autres oeuvres hélas jamais publiées en français mais aussi et surtout la trame principale de toute la première partie de Dragon Ball de même que son héros, que des choses plus minimalistes comme un type de design précis de personnage, ce qui, entre autre, nous permettra de suivre une histoire de super héros rémunéré apparement fan du look du trio Freezer-Cooler-Cold.

    A réserver aux fans de l'auteur, même si certaines histoires font sourires et que l'ensemble se lit sans faim, la majorité du contenu fait très (trop?) débutant pour plaire à tout le monde.


    Vient ensuite un volume complet ne contenant qu'une seule histoire:



    Cowa! (Jeu de mots: Cowa se prononce comme le "koa" de koala, et se rapproche de "kowai" (Cowa-i) signifant "j'ai peur") (1998)

    Paifu est un petit hybride vampire/koala-garou vivant paisiblement dans un village de monstres au bord de la mer. Ces monstres n'ont rien de ceux que l'ont peut voir dans les films d'horreur, il s'agirait plutôt de gentils bougres à la "Monsters Inc." et cohabitent sans trop de mal avec les humains de la campagne alentours. Un jour, une épidémie frappe le village et la vie de la plupart des habitants se voit mise en danger. Paifu, son rival kappa, Apon, et son meilleur ami, le fantôme, José Rodriguez partent alors à la recherche d'un remède accompagnés de la seule personne pouvant les y conduire: Maruyama, un humain, ancien sumoutori, exclu suite à un accident lors d'un combat. Leurs aventures seront l'occasion pour chacun de montrer ses aptitudes hors du commun bien que souvent risibles.

    Une histoire toute simple, des dessins tout simples eux aussi, plein de bons sentiments et un humour un peu plus au-dessus de la ceinture que d'habitude en font une oeuvre assez enfantine mais néanmoins agréable pour tous. On regrettera par contre une narration un poil indécise: le début s'annonce comme une succession de scénettes humoristiques plutôt que comme une intro, ensuite l'aventure principale démarre en à peine quelque cases...


    Poursuivons avec, dès l'année suivante:



    Kajika (1999)

    Kajika est un enfant maudit mi-homme mi-renard dont la vie se résume à sauver des vies d'animaux, en effet, 1000 animaux sauvés le libéreront de sa malédiction et lui rendront non seulement son apparence humaine, mais également sa force herculéenne. Alors que sa quête touche pratiquement à sa fin, une jeune fille croise sa route et lui remet un oeuf de dragon objet de la convoitise d'un parain local.

    Si Dragon Ball avait débuté en 1999, il aurait été calqué sur Kajika. Les similitudes sont légions et l'identité forte des oeuvres de Toriyama n'aidant pas à la diversité, on a vraiment l'impression de connaître toute l'histoire dès les premières pages, et ça ne rate pas: tout se déroule comme on le prévoit et l'oeuvre se poursuit et se termine sans surprise, sans vraie personnalité. Rien de réellement mauvais, juste un cruel manque d'originalité et une absence totale de surprise.


    Vient par la suite un grand bond en avant:



    SAND LAND (2000)

    Beelzebub, le prince des démons, n'est qu'un enfant âgé de quelques centaines d'années. Pas bien méchant (les démons embêtent les humains mais ne les tuent pas) et accompagné de Thief, un vieux démon rabougri, et Lao, un shériff humain, il se lance à travers les étendues cruellement désertiques qui composent Sand Land, le pays dont ils sont les habitants, à la recherche de la Fontaine Mirage, une source d'eau potable qui viendrait bien à point tant aux démons qu'aux humains en ces temps de sécheresses. Tout ceci serait bien entendu trop simple si une force armée, en l'occurrence celle du Roi, ne s'immisçait pas entre les héros et leur but.

    Sans conteste le plus abouti des one-shot de Toriyama. L'histoire, sans être profonde ou exceptionnelle, est travaillée, les personnages sont, eux aussi, suffisamment creusés au point de se dire qu'ils tiendraient parfaitement la route dans une oeuvre suivie, et même le trait de Toriyama semble avoir subit une mise à niveau non négligeable. A se demander pourquoi il a pratiquement arrêté les manga vers le début des années 2000 alors qu'il semblait prendre un nouveau souffle...


    Et enfin:



    Nekomajin (Chat-génie) (2001)

    Nekomajin est un chat (qui ressemble à un lapin) magique, magique et fort, vraiment très fort, tellement fort que personne ne peut se mesurer à lui, ni les Sayajin, ni le fils de Freezer. Sans vrai début ni fin, Nekomajin est un ensemble de petites histoires parodiques propres au monde de Toriyama, principalement axées Dragon Ball.

    Sympathique mais pas à pouffer de rire, Nekomajin est destiné aux inconditionnels de Toriyama désireux de se faire un petit délire (mais j'insiste sur le petit car encore une fois, c'est sympa mais c'est pas la folie non plus) et de retrouver quelques personnages qui ont peuplé leur enfance comme Son Gokuu ou Vegeta (même si leurs prestations ici auraient plutôt tendance à ternir leur image de héros qui ne craignent rien ni personne).



    Qu'en déduire au final? Eh bien il me semble qu'une remarque revient assez souvent: "à réserver aux fans" et je pense que cela résume bien l'univers de Toriyama: l'homme ne se diversifie pas beaucoup, aussi, et sans vouloir en dire du mal, si vous n'avez pas aimé Dragon Ball ou Dr. Slump, ce ne sont pas les oeuvres secondaires de l'artiste qui vous feront changer d'avis.

    tl;dr: de sympathiques curiosités pour les fans, les autres peuvent, je dirai même, devraient, passer leur chemin.


    Tout est disponible en 1 tome chez Glénat sauf les "Histoires Courtes" en 3 volumes.

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