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    Le nyotaimori

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    Giromu
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    Le nyotaimori

    Message par Giromu le Sam 6 Aoû - 13:50

    Je copie/colle un article passionnant sur le nyotaimori, une pratique que seuls des japonais pouvaient inventer! o_O
    ça me fait penser au bunga bunga de Berlusconi, mais avec la caution culturelle en "plus".

    Source:
    http://membres.multimania.fr/isgtokyo/actua/nyotaimo/nyotaimo.htm

    "L'art du nyotaimori"



    Au Japon, il arrive que des hommes d'affaires, le temps d'un repas, se retrouvent... autour d'une
    femme nue. Et vierge. Un corps-table décoré de sushis - a base de poissons crus et d'algues -,
    qu'ils picorent de leurs baguettes. Cela s'appelle le nyotaimori. Une tradition, certes.
    Mais surtout, pour ces geishas, de longues heures passées immobiles, soumises, et livrées ci
    toutes les grossièretés.








    Mayumi et Yukiko se préparent. Méticuleusement lavées et épilées, elles vont
    s'offrir à la gourmandise d'hommes d'affaires.




    Après s'être salués d'une inclinaison de tête, quatre businessmen japonais, la quarantaine,
    saisissent leurs baguettes et se préparent à un singulier festin. Immobiles, le corps couvert
    de sushis savamment disposés, deux geishas nues sont étendues devant eux. Fantasme de dirigeant
    d'entreprise ? Il ne s'agit pourtant pas d'un rêve éveillé. Ces hommes poursuivent une tradition
    japonaise ancienne appelée nyotaimori, qui signifie littéralement "le corps décoré d'une femme" et
    paient des milliers de yens pour le plaisir de manger sur la chair nue d'une geisha vierge.
    Durant les heures qui suivront, Yukiko restera parfaitement immobile tandis que les hommes
    attraperont des morceaux de poisson cru sur ses seins, son ventre, son pubis et ses jambes.


    Son rôle de plateau vivant porte à son comble l'éthique de la geisha, service total,
    distraction et soumission au client. "Quand j'étais petite, dit la jeune fille de vingt-deux ans,
    un peu gênée, je rêvais de devenir infirmière ou maitresse d'école. Je n'aurais jamais pensé qu'un
    jour je serais payée pour rester comme ça, allongée, nue, recouverte de sushis."


    Autrefois, les geishas pratiquaient le nyotaimori commne la calligraphie, la cérémonie
    du thé ou le samisen, un instrument à cordes. L':apprentissage débutait dès l'enfance et se
    prolongeait jusqu'à l'âge de seize ans. Pour une geisha, timide et sensuelle, il importait avant
    tout de mettre ses clients masculins à l'aise et de leur donner du plaisir. Le nyotaimori, disent
    les traditionalistes, est un exemple de service poussé au plus haut degré de raffinement.


    Aujourd'hui, l'argent est la principale motivation des jeunes filles comme Yukiko. En
    effet, dans des stations thermales, elles sont payées sept mille yens - environ trois cents
    francs - par heure. «Une bonne semaine peut me rapporter deux cent mille yens» environ huit mille
    huit cents francs - , dit Yukiko en se préparant pour le repas du soir. "Ce n'est que le salaire.
    Les pourboires vont jusqu'à atteindre la moitié de cette somme. Cela peut sembler élevé,
    surtout pour quelqu'un mon âge, mais ce n'est pas aussi facile que en a l'air. Je dois supporter
    l'odeur de poisson sur mon corps. Avant, j'adorais les sushis, maintenant je n'en mangerais à aucun
    prix. Si mon travail n'était pas si bien payé,je ne serais pas ici. Vous voyez, j'économise pour
    aller à l'université. Je voudrais faire des études de stylisme.»
    Yukiko travaille dans un onsen, une station thermale, de la préfecture de Biwa, au nord-est de
    Kyoto, depuis dix-huit mois. De son village à la pointe Nord de l'île de Honshu, elle est venue
    ici sur les conseils d'une amie. Celle-ci lui avait appris qu'on y était constamment à la recherche
    de filles pour le nyotaimori. "Je pensais que la tradition s'était perdue depuis des années",
    dit-elle. Puis elle ajoute, en passant ses ongles vernis dans ses cheveux noirs et raides : "Pour
    ma famille et mes amis, je gagne ma vie comme serveuse. Evidemment, ils pensent queje suis habillée
    quand je travaille. Es seraient choqués s'ils savaient la vérité."



    UN CALME OLYMPIEN


    Les hôtesses de nyotaimori se soumettent à une préparation très stricte. L'entraînement
    consiste à placer six oeufs de poule en différents points du corps de l'apprentie geisha.
    Etendue, elle reste figée pendant quatre heures sans que les oeufs ne bougent. Pour tester sa
    détermination, on fait ensuite tomber des glaçons au hasard sur son corps. Si un seul oeuf glisse,
    le chronomètre est remis à zéro et l'épreuve reprend depuis le début.


    Un enseignement à la dure pour pouvoir rester allongée, immobile et sereine, quelle que
    soit la conduite des clients. "Le pire, c'est quand ils essaient de s'impressionner mutuellement,
    dit Yukiko doucement. Plus ils boivent de saké et plus ils se conduisent mal. Ils font toujours
    des remarques indécentes, comme si je ne pouvais pas les entendre. Ils font des commentaires
    sur la forme de mes seins ou de ma bouche, ou bien-ils se vantent de la façon dont ils pourraient
    me satisfaire sexuellement."


    "Au début, j'écoutais leurs conversations. Mais maintenant, je les ignore, je rêve à mes
    projets d'avenir. Une fois, un vieux dirigeant d'entreprise de Tokyo a voulu enfoncer ses baguettes
    dans mon sexe. J'ai bondi en hurlant. J'étais si furieuse que j'avais envie de le suivre
    chez lui pour tout dire à sa femme."



    UNE VIERGE AU MENU


    "Moi, j'ai eu beaucoup de mauvaises expériences", poursuit Mayunii, collègue de Yukiko,
    âgée de vingt-quatre ans. "Je ne me souviens même plus du nombre de fois où l'on m'a vomi dessus.
    Pendant des heures, j'ai dû écouter leurs moqueries humiliantes, comme si j'étais un corps sans vie
    étale devant eux. Une fois même, un vieil homme est tombé sur moi, victime d'une crise cardiaque."


    C'est à cause de cette obligation de rester parfaitement calmes et indifférentes aux
    écarts de conduite des clients que les directeurs d'établissement, lorsqu'ils recrutent des geishas
    de nyotaimori, cherchent des jeunes filles très patientes. Certains ne choisissent que des filles de
    groupe sanguin A, les personnes de ce type ayant, dans la société japonaise, la réputation d'être
    sereines (celles du groupe B sont considérées comme ambitieuses, du groupe 0 comme dominatrices et
    les AB comme des intellectuelles).




    Il y a aussi un autre critère: la geisha doit être vierge car seule une fille à l'hymen
    intact possède la pureté intérieure et la netteté extérieure exigées. Yukiko s'empresse de mettre
    en avant sa chasteté. "On ne peut pas assimiler le nyotaimori au commerce du sexe, dit-elle d'un air
    de défi. Il n'y a pas de sexe, prenez mon exemple ... je n'ai jamais eu de rapport sexuel.»
    Concernant la présentation des geishas, rien ne sera laissé au hasard : environ quatre-vingt-dix
    minutes avant d'entrer en service commence une toilette méticuleuse.


    Comme s'ils mangeaient dans de la vaisselle fine, les clients attendent des geishas
    qu'elles soient impeccables. Les jambes et les aisselles sont soigneusement épilées à la cire et
    les poils pubiens taillés ou rasés. A l'écart dans une pièce spéciale de l'onsen, les geishas
    versent sur leur corps de l'eau chaude et se savonnent avec une éponge et un pain de savon non
    parfumé. Ensuite, elles se frottent avec un sac de lin rempli de son - nommé nukabukuro - que l'on
    passe sur presque chaque centimètre carré de l'épidenne afin d'éliminer les peaux mortes. Puis
    vient une douche d'eau très chaude suivie d'un autre frottage, cette fois-ci avec un luffa. La
    toilette se termine par une douche glacée, destinée à empêcher la transpiration. Aucun déodorant
    ou parfum n'est utilisé, ils pourraient altérer la saveur des sushis.



    RITUELS GOURMANDS


    Si une geisha assure plusieurs services en une soirée, elle doit répéter toute la toilette
    avant chaque séance, et employer une solution de pur jus de citron vert et de sel gemme pour enlever
    les taches et éliminer l'odeur de poisson. Lorsqu'elle est d'une propreté parfaite, la geisha se
    dirige vers une petite pièce de tatamis où se déroulera le repas. Typique des salles de réception
    japonaises, le sol est couvert de nattes au tressage serré. La pièce, très sobre, a pour tout
    décor une estampe traditionnelle, une plante et un vase ornemental. La température y est basse
    pour que la geisha ne transpire pas.


    Aussitôt que la geisha est placée au centre de la pièce, une assistante arrive de la
    cuisine, portant un plateau de sushis frais. Avec une rapidité d'experte, elle dispose à même le
    corps nu les morceaux glacés composés de poisson cru sur canapé de riz vinaigré. Il n'y a pas un
    moment à perdre : les sushis sont meilleurs dégustés aussitôt préparés. Parfois, des commandes
    péciales sont faites à l'avance.




    Certains clients préfèrent manger le repas sur le dos et les fesses de la
    geisha plutôt que sur le devant du corps. Dans le passé, différents types de sushis étaient placés
    en des endroits précis du corps : par exemple, l'ikura (oeufs de saumon), mis sur le coeur, était
    censé procurer de la force à celui qui le consommait. Le mekajiki (espadon), associé à la digestion,
    et l'agano (congre), influant sur la performance sexuelle, avaient tous deux leur emplacement.
    Aujourd'hui, les établissements de nyotaimori ne pratiquent plus ces rituels et se contentent de
    disposer les sushis de façon décorative, même si certains types de sushis sont toujours demandés
    pour leurs vertus aphrodisiaques, tels les uzura notamago - oursins préparés avec de l'oeuf cru.
    On prête également attention à la quantité de sushis : s'il y en a trop, le corps de la geisha
    risque d'être dissimulé. De grands poissons comme le tai (pagre), une langouste, un crabe ou même
    un poulpe viennent parfois compléter la décoration. Le sexe et les mamelons sont en général
    recouverts de feuüles de vigne et de pétales de fleurs. La chevelure, répandue autour de la tête,
    est également décorée avec des pétales.


    Tandis que la geisha, immobile, fixe le plafond, les clients entrent, vêtus du traditionnel
    yukata (kimono en coton). "On sait si un homme n'a jamais participé à un nyotaimori, dit Mayurni.
    Il ricane comme un écolier à la vue de la chair nue ou il hésite à prendre les sushis autour du sexe.
    Malheureusement, après quelques verres, sa timidité disparaît.»




    UN TRÉSOR DE BEAUTÉ, OUI MAIS...



    Conséquence inattendue du travail de Mayumi : sa peau a embelli. "Avant, explique-t-elle,
    j'avais la peau très sèche et des rougeurs sur les bras. Tout cela a disparu après quelques
    semaines de travail ici. " C'est prouvé : selon des scientifiques, les enzymes du poisson pourraient
    avoir un effet bénéfique sur la peau. Mais, malgré ces compensations esthétiques, Mayumi aimerait
    bien changer de métier. Trois ans comme geisha de nyotairnori, ça suffit. Elle ne doit pas être
    seule à penser ainsi, la preuve - il y a une dizaine d'années, l'onsen employait une dizaine de
    filles pour le nyotaimori ; aujourd'hui, il n'en compte plus que deux, Yukiko et Mayumi.



    UNE "CEUVRE D'ART" EN PERDITION


    Toutes deux se sont maintes fois attiré les foudres de féministes et d'épouses en colère.
    Ce n'est pourtant pas cette hostilité qui est responsable du déclin du nyotaimori, mais la récente
    crise économique japonaise : manger des sushis sur le corps nu d'une geisha est devenu bien trop
    onéreux pour ne pas être réservé uniquement à des cadres supérieurs très fortunés. Car une geisha
    de nyotaimori coûte au moins cent cinquante mille yens (environ six mille six cents francs), et le
    prix de deux geishas est d'environ deux cent soixante mille yens (onze mille quatre cents francs),
    les boissons venant en supplément.


    Monsieur Saito-San, directeur de l'établissement thermal, se souvient de temps
    meilleurs : "Il y a quelques années, on organisait des banquets de nyotaimori grandioses pour
    d'importants groupes d'hommes d'affaires. Nous les faisions payer plus d'un million de yens
    (quarante-quatre mille francs). Il y avait dix geishas alignées les unes à côté des autres.
    C'était un spectacle magnifique. A cette époque, toutes les filles assuraient au moins deux
    séances par soirée. A présent, il y a moins de compagnies qui envoient leurs dirigeants dans
    des stations thermales pour se reposer. Franchement, l'avenir du nyotaimori est incertain."


    Dans la salle de tatamis, Yukike est allongée, immobile, tandis que l'un des jeunes cadres
    supérieurs saisit un morceau de sushi tamago sur sa poitrine. "Certaines personnes, surtout
    à l'étranger, pensent que c'est vulgaire", dit monsieur Saito-San sèchement. "Mais regardez... une
    belle femme, un délicieux repas, un cadre agréable. C'est une oeuvre d'art."



    Texte et photos Rebecca Smith - Traduction Laurence Le Van
    Article paru dans Marie Claire n°522 Août 1998


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    Koma
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    Re: Le nyotaimori

    Message par Koma le Sam 6 Aoû - 20:25

    C'est un très bon reportage, bien écrit et complet. Intéressant à lire, et qui prouve encore une fois que le Japon est décidément un pays comportant des mecs vraiment dérangés du ciboulot.

    J'allais poser une question sur les effets de se laver plusieurs fois dans une journée et d'avoir de la bouffe sur soit en permanence mais là aussi l'article ajoute une info scientifique (même si je me demande si se frotter les peaux mortes et se doucher 5 fois par service est bon pour l'épiderme...)

    L'article vient il de la presse française ou belge ? Histoire de savoir rapidos en terme de francs de quelles sommes on parle.


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    Re: Le nyotaimori

    Message par Srkat le Sam 6 Aoû - 20:45

    Marie Claire, c'est donc du franc français.
    'tain, ça existe toujours, ce magazine? Meme chez les toubibs on en voit plus...


    Ca date un peu ceci dit - treize ans quand meme, erf. Qu'en est il de cette pratique aujourd'hui? Ca doit avoir quasiment disparu...
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    Giromu
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    Re: Le nyotaimori

    Message par Giromu le Sam 6 Aoû - 21:16

    Oui, c'est certes vieux. Je pense que la pratique est désormais marginale. J'avais lu quelque part que c'était même interdit au Japon maintenant.

    Il semble que d'autres pays aient repris le flambeau, sûrement de manière marginale.

    « L’art(?) du nyotaimori » ou sushis sur femme nue




    « nyotaimori » (女体盛り), littéralement « repas sur le corps d’une femme
    », est un repas d’origine japonaise servi sur le corps d’une femme nue.
    Il est généralement composé de sushis et d’algues. Ce type de repas est
    sur le point d’être interdit en Chine. Est-ce dû aux raisons morales
    qu’indique que le Beijing Times, ou est-ce à nouveau une polémique sur
    fond anti-japonais ?

    Selon China Daily, il a été rapporté dimanche dernier que la Chambre
    de l’industrie et du commerce de Chine a publié une note stipulant qu’à
    partir de ce week-end, il serait interdit de servir des repas sur des
    corps nus. Cela a eu comme conséquence d’interdire notamment les
    services d’un restaurant du Sud-Ouest de la Chine qui propose du sushi
    servi sur le corps de femmes nues (ici il s’agit d’étudiantes en
    université).


    Cette déclaration prononcée samedi dernier interdit cette pratique
    qu’elle qualifie de ’”dégradante pour la personne humaine”, selon le
    Beijing Times. Celui-ci ajoute que « servir de la nourriture sur le
    corps de femmes nues est une activité commerciale de bas étage », en se
    fondant sur ladite déclaration.

    En avril 2004, les médias chinois avaient signalé que le restaurant
    Hefeng Village Huaishi Cuisine, à Kunming, capitale de la province du
    Yunnan, servait des portions de sushi et de la cuisine japonaise sur le
    dos de deux étudiantes .

    Les clients payaient jusqu’à mille yuan (environ 120 $) par personne
    en réservant jusqu’à trois jours par avance, selon les médias.

    Les corps des femmes étaient ornés de fleurs, de coquillages, de
    sushi ou de sashimi, et celles-ci restaient tranquillement étendues
    pendant que les clients mangeaient. Le directeur d’un restaurant de
    Kunming a déclaré aux médias que ce type de repas était une coutume du
    Japon ancien.

    La note de la Chambre de l’administration et du commerce a inclus
    dans sa déclaration la nudité dans les bars pour d’autres buts que les
    repas et les divertissements, y compris le « repas sur les seins » servi
    dans la province de Changsha, dans la province du Hunan, et les modèles
    nus dans les expositions d’art de la Montagne Wuyi, dans le Sud de la
    Chine.

    Aux Etats-Unis, on parle de « body sushi ». Des restaurants proposent
    le modèle à 1200$ (pour 12 personnes) sans les sushis. Le New York
    Times a fait un reportage sur le restaurant californien « Hadaka Sushi »

    Pour en savoir plus:

    - Reportage nyotaimo
    - Vidéo
    des sushis les plus chers de New York: 500$ par personne pour une
    expérience unique(?). Reportage de Pocket Change TV au Cheetah
    Gentleman’s club.
    http://www.cuisinejaponaise.be/blog/lart-du-nyotaimori-ou-sushis-sur-femme-nue


    EDIT: Ah ben non en fait. ça continue! Article de 2010!






    'I am about to eat sushi off a naked woman's body'



    'Nyotaimori' is the
    Japanese tradition of eating sushi off a perfectly still, naked woman's
    body. Just the sort of thing to enrage a diehard feminist






    As I booked a ticket for the most expensive meal I have ever
    eaten, it did ­occur to me that I don't like sushi. But this was not the
    only problem for someone who has been a lifelong ­feminist campaigner
    against the sexual exploitation of women: I was about to eat raw fish
    off a naked woman's body.
    I first noticed the publicity for a monthly series of British "nyotaimori" evenings last summer.
    Nyotaimori, or body sushi, is Japanese, and it isn't normally on offer
    in London. But periodically temporary operations do pop up in cities
    around the world, each time sparking newspaper headlines. The word
    nyotaimori is usually translated as "female body presentation", but a
    friend who has studied Japanese tells me it means something more like
    "piling something on top". Which sounds significantly less appetising.
    "Flash
    Sushi will offer a limited number of places to this unique
    ­experience," the advance publicity for these new British evenings said.
    "Places are extremely limited and demand is high. Guests will ONLY be
    informed of the location of the next Flash Sushi dinner once they have
    paid for their sitting in full."
    What did the organisers expect to
    happen? Hordes of hungry sushi devotees turning up at the venue
    ­begging for a pair of chopsticks? No, they ­simply wanted to avoid the
    kind of scenes witnessed in Seattle in 2003 when a group of angry
    feminists waved placards and shouted as diners made their way in for a
    nyotaimori dinner.
    Anyway, on Wednesday, this angry feminist
    arrived at the London address she had been sent after shelling out £250.
    I had to walk through a hippy cafe serving bean stew and carrot salad,
    and then finally – after going up and down a filthy fire escape and
    getting lost in a dark corridor smelling of cats – I pushed open a door
    and found myself in a dark room festooned with purple velvet and filled
    mostly with men in their 20s sipping champagne.
    I was greeted by a
    Japanese woman in traditional dress and, down a steep set of stairs,
    caught a glimpse of the dining room. It was 7.05pm, dinner was due to
    begin in 25 minutes, but the naked women were already in situ, laid out
    as if in a morgue, ­awaiting a postmortem.
    I stood out a little
    amid the assembled diners. There were two other women, but they were
    hanging on to the arms of their partners and were dressed to the nines.
    Soon, however, I was chatting to Ben, a money ­broker, recently
    divorced and in his 50s. He was at my table with two young ­bankers and
    their partners. The other table was all male, and, like everyone on my
    table, all white.
    As we sat down, I realised the claims that
    "demand is high" for such dinners are rubbish: the trestle tables were
    easily long enough for 24, but there were only 12 diners. In fact,
    nyotaimori may take place in Japan,
    but it is stigmatised there and usually only found in seedy sex clubs.
    But wherever and whenever it is launched overseas, it is marketed as a
    form of Japanese food culture, and this was, ostensibly, what the meal
    on Wednesday night was about.
    Our human plate was olive skinned,
    with (as far as I could gather) no body hair and naked except for a few
    strategically placed banana leaves and rose petals. Her eyes were shut.
    If it was not for the fact you could see her breathing – and the odd
    flutter of her eyelid – she could indeed have been a body in a
    ­mortuary. There was nothing remotely erotic about the sight.
    The
    first course arrived, plus more champagne and sake. Soon the men were
    getting sloshed. I started to worry about their chopstick use, so much
    so that I ­offered to serve the salmon sashimi to the banker sitting
    furthest away from the plate. Loud guffaws from the other table,
    followed by clapping, came in response to one of the men dropping his
    piece of sushi on the woman's groin area.
    Ben spent most of the
    evening ­telling me how nyotaimori is not ­demeaning to the women. "So
    long as they get paid," he argued, it is no different from being an
    artist's model. "In fact, it is art," he said, warming to his theme.
    Our
    human platter did not look warm. I was dressed for the freezing cold
    weather outside and was slightly chilly. She had goose bumps, and it was
    not yet 8pm. The dinner was due to finish at 10.30pm. If it was torture
    for me being here, what was it like for the plate?
    "What I like
    about her," said Ben, ­indicating our plate – who, playing dead a mere
    two feet from our mouths, could obviously hear every word we said – "is
    that ­occasionally she has a very slight smile on her face." I could
    only imagine that she was fantasising about sticking chopsticks in the
    eyes of each and every one of us.
    At one point I moved my notebook
    and accidentally knocked the plate's ­fingers. She remained impassive.
    Andy, one of the bankers, told me a story he had heard the day before
    about ­nyotaimori. "Some geezer told me you can cop a feel of the birds,
    you know, slide your hand under the leaves when you are getting the
    food. So I called the organisers and asked if that goes on, and she
    tells me, 'No way. It is art.' So I knew it was OK to bring the missus."
    Eventually,
    a break was announced in order for the "models", as our host referred
    to the human plates, to "stretch their legs". We were led upstairs. I
    asked how much the plates are paid. "I don't know," said the host. "We
    hire them through an agency." Do they have any special training? One
    often reads about how the plates involved in body sushi are "trained" to
    lie still for hours. "No, but we don't take women with large breasts as
    the food would slide off."
    Were these events usually men-only?
    "Yes, but when there are ladies present it civilises the men." What
    ­happens when they are not being ­civilised? "Oh, nothing much, just
    boys' stuff."
    Ben told the host how much he was enjoying himself.
    "And the presence of these ladies has totally legitimised it – I no
    longer feel like a dirty old man."
    One of the men from the
    adjoining table approached Ben and the ­bankers. "Can we swap tables
    with you? Your model is gorgeous." But there was no need. As we were led
    back downstairs I saw that the plates had swapped already. Our new one
    had a ­tattoo on her upper arm facing me and her feet were bigger than
    the previous one's. Her eyes were closed and she too looked dead except
    for the breathing. I wondered what would happen if she got a terrible
    itch. More food ­arrived, this time hot, and the banker, in his haste,
    dropped a piece of hot cod on one thigh. "I wonder if, when she gets
    home, her husband says, 'Christ, woman, you stink of fish!'" said Ben.
    I
    asked the women at my table what they thought of the evening. "Great,"
    they chorused. "The food is lovely, the candles are beautiful and I love
    the atmosphere," said one. But what about the human plates? "I'd
    forgotten about them," she said, unconvincingly.
    Not for the first time that evening, I wished I was outside in the freezing cold, shouting and waving a placard.
    Names have been changed.


    http://www.guardian.co.uk/lifeandstyle/2010/feb/12/nyotaimori-eating-sushi-naked-woman

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    Re: Le nyotaimori

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